TRANSFORMATION ET TERRITOIRES

Parce qu’elle repose pour beaucoup sur les réseaux et les échanges mondiaux, la transformation de nos sociétés fait naturellement peur. On y voit l’œuvre de la mondialisation, spontanément perçue comme de nature à entraîner tous les pays vers une forme d’uniformité, donc à nier les particularismes locaux, en oubliant en chemin les contrées isolées. Il n’est pourtant pas absurde de soutenir que les territoires, loin de se trouver dissous dans la transformation, peuvent au contraire en sortir renforcés par les nouveaux usages qu’elle amène.

La transformation par la connaissance…

Pas besoin d’être très agile pour utiliser les moteurs de recherche et accéder à des sources innombrables de connaissances. Le multitude de données rendues disponibles par l’ouverture des systèmes et les capacités de stockage et de traitement, constitue une source inépuisable d’informations. Les acteurs d’un territoire, publics comme privés, ont ainsi à portée de main une connaissance bien supérieure à ce qu’elle était avant, essentiellement intuitive. Ils peuvent savoir qui fréquente leur territoire, quels sont les habitudes des voyageurs et des résidents, adapter les services qu’ils leurs proposent.

La transformation par la relation…

Les nouveaux outils et usages permettent aussi plus d’interactions avec les clients. Il est facile de lancer une enquête en ligne, de faire connaître ses services et nouveautés, mais aussi de préciser les dates et modalités de livraison des commandes. Tout le monde peut mettre au cœur de son métier cette sensibilité « client d’abord ». Les entreprises utilisent encore très peu ces modes de relation et de marketing, alors qu’elles pourraient davantage s’inspirer des méthodes des grands acteurs du Net qui fixent les standards et les habitudes.

La transformation par l’innovation…

La période de transformation que nous vivons entraîne aussi une nouvelle diversité dans les modes de vie, dans les attentes des consommateurs. Du coup, des méthodes culturales nouvelles prennent vie, comme des produits originaux, allant du caviar au bœuf de Kobe, en passant par la spiruline. Des boutiques, restaurants, sites de vente en ligne, marchés en circuits courts, sortent de terre et des coopérations nouvelles s’établissent entre les acteurs. Je suis impressionné par tous les projets qui émergent chaque semaine des départements du Sud-Ouest, et j’imagine qu’il y en a autant ailleurs…

La transformation par la coopération…

Cette source d’innovation, loin d’être épuisée, est alimentée par des personnes qui s’interrogent et entreprennent. Tout commence par l’expérience qu’il est judicieux de conduire à côté de son activité traditionnelle. Mais c’est surtout par la coopération que les territoires tireront le meilleur parti des nouveaux usages. Coopérations entre entreprises, entre collectivités, entre entreprises et collectivités. Car l’essentiel se joue, et se jouera, dans la capacité de travailler ensemble, de « faire territoire ».

Le handicap lié à l’isolement n’existe plus, ou presque (tout le monde n’a pas encore accès au haut débit). Tous les territoires peuvent donc devenir intelligents. Tous peuvent se concentrer sur leurs spécialités et avantages concurrentiels. Tous peuvent mieux valoriser leurs ressources et compétences. Bien sûr, ils doivent pour cela changer leurs habitudes, faire des choix, donc prendre des risques. L’essentiel en période de changements et d’incertitudes, c’est d’oser. Le plus grand des risques sera toujours celui de ne pas bouger…

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