LES VIEUX ONT DU TALENT

L’innovation est au cœur des stratégies des entreprises. Celles-ci souhaitent coopérer davantage avec les startups. Elles leurs dédient de beaux espaces, investissent dans leur capital… mais sont souvent moins agiles pour susciter l’innovation dans leurs propres équipes. Or, le dialogue avec les startups ne s’instaure pas naturellement : les modes de fonctionnement, les préoccupations, et surtout les rythmes sont trop éloignés. Mes activités de conseil aux « jeunes pousses » mes conduisent à constater combien cette question de la compréhension réciproque est prégnante. Or, on ne peut comprendre les entreprises innovantes qu’en innovant soi-même, en éprouvant les mêmes enthousiasmes et difficultés.

Pour susciter cette nécessaire innovation interne, je préconise de commencer par l’innovation sociale. L’innovation dans les relations humaines, parce qu’elle touche tous les salariés et qu’elle a une forte visibilité interne, change le quotidien des salariés et emporte plus facilement leur adhésion. Elle autorise implicitement chacun à « penser et faire autrement ». Cette innovation sociale peut s’exercer par exemple dans le rôle donné aux anciens, à savoir ceux qui sont arrivés au terme de leur vie professionnelle : les retraités. Ceux-ci, imprégnés pendant des décennies de la culture et du projet de leur organisation qu’ils ont pour beaucoup aimée et servie sans réserve, se retrouvent du jour au lendemain en manque tant de relations que de dynamiques professionnelles. Or, beaucoup ont encore de l’énergie, de l’envie, et sont forts d’expériences qui peuvent s’avérer utiles.

Il m’arrive souvent de voir s’asseoir aux côtés du dirigeant d’une entreprise un ancien de la maison. Il aborde les sujets avec un recul appréciable (il ne décide pas) et apporte un coup de main précieux quand il s’agit par exemple d’approfondir une piste de développement. Certaines organisations utilisent d’ailleurs leurs « anciens » pour préparer leur implantation sur un nouveau marché ou explorer un écosystème mal connu. Les banques et les assurances qui prennent position sur l’économie sociale et solidaire (le « French Impact » comme on l’appelle désormais) ont ainsi recours à ces personnes expérimentées, libres de préoccupations managériales ou de carrière, et capables de percevoir comment pourront s’exprimer les « gènes » et savoir-faire de leur ancienne maison dans un environnement nouveau.

Voilà en tout cas une question d’innovation qui mérite d’être davantage explorée, au même titre que le mécénat de compétence ou que l’engagement associatif des salariés actifs. Dans tous les cas, il s’agit pour l’entreprise ou l’organisation de renforcer ses liens (donc la compréhension réciproque) avec la société dans laquelle elle vit, et de mieux valoriser son patrimoine immatériel. Cela ne justifie-t-il pas d’inventer de nouveaux modes de présence et d’action ?

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