MARRE DU BLACK FRIDAY

Les publicités, affiches et messages commerciaux racoleurs, qui se multiplient depuis quelques jours, tant sur les sites marchands du Web que sur les vitrines des magasins, me deviennent insupportables. Trop c’est trop ! « Black Friday » par-ci, « Black Friday » par-là. Pourquoi diantre nous croyons-nous obligés d’importer des USA cette tradition qui consiste à « blackfridiser » à outrance, en grande fanfare et à tout propos ? Car après tout, ce « Black Friday » est-il autre chose qu’une opération de solde comme nous en connaissons depuis longtemps ? Rappelons que les soldes ont été initiés en France vers 1850, par un certain Simon Mannoury, fondateur du premier grand magasin parisien le « Petit Saint-Thomas », ancêtre du « Bon Marché ». Le fameux « Black Friday », qui consiste à célébrer l’ouverture des achats de fin d’année par des soldes géantes, date lui de 1960 seulement. Donc les soldes, nous connaissons un peu quand même. Nos commerçants n’ont pas attendu cette tradition d’Outre-Atlantique pour découvrir que décembre est un mois de grande consommation. Ne savent-ils pas depuis longtemps qu’il est bon, un mois avant Noël, d’attirer l’attention des chalands et des internautes ? Alors pourquoi ?

Parlons de « Vendredi Fou »…

Il est intéressant de relever que nos cousins du Québec, qui veillent plus jalousement que nous sur la langue de Molière, parlent plus volontiers de « Vendredi fou » (ou « Vendredi noir »). L’opération est tout aussi efficace, et, vous le vérifierez, l’usage du bon français ne consomme pas une lettre de plus que celui de l’anglais. Important puisque, en période de serrage des prix, toute économie compte…

Intéressant surtout de constater que cette expression américaine s’affiche au moment où d’autres débats occupent ici la sphère politique et médiatique. Faut-il utiliser l’écriture inclusive ? Faut-il parler de « matrimoine » culturel ou de régimes « patrimoniaux » ? À l’heure où l’on accorde une telle importance aux mots qui façonneraient profondément les esprits et les comportements, pourquoi laisser ce « Black Friday » s’exposer impunément dans un tapage obscène ?

… ou mieux encore, de « Semaine Verte ».

Ma proposition est simple. Nous sommes en France ? Parlons français. Cette opération d’ouverture des ventes de fin d’année dure plus que le vendredi ? Ne parlons pas d’un jour, mais d’une semaine. Et pour donner plus de sens à l’évènement, mettons en avant exclusivement des produits qui respectent l’environnement et sont élaborés en proximité. Ce serait une belle façon de soutenir les transitions nécessaires (ce qui n’est pas déplacé en période d’Avent…). Je suggère donc d’établir chez nous la « Semaine Verte » et de laisser le « Black Friday » aux Américains.

2 commentaires sur “MARRE DU BLACK FRIDAY

  1. Bel article ! Et pour compléter les propositions , en visant à revenir aux racines, le Black Friday n’étant que le lendemain férié de Thanksgiving, l’action de grâce en français, faisons de cette semaine celle de la solidarité dans tous les sens du terme : des promotions pour préparer Noël certes, mais aussi de la monnaie et des arrondis solidaires, du lien entre producteurs et consommacteurs, des trocs et échanges de biens contre services, etc etc.. Chiche pour sortir de ce travers trop mercantile ?

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    1. Merci Patrick. Tes propositions me paraissent excellentes. Bien sûr, tout cela ne peut pas se décréter. Il faut, dans ce domaine aussi, que des pionniers initient des formes différentes de « promotions de Noël »…

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