ET LA BLOCKCHAIN VOUS RENDRA LIBRES !

blockchain

L’échange de pair à pair, on connaît. Utilisé pour les téléchargements d’enregistrements musicaux (illégaux), puis par la monnaie Bitcoin (à la réputation sulfureuse), il ne nous renvoie pas spontanément une image positive. Et pourtant ! La technologie Blockchain sur laquelle s’appuie la fameuse monnaie révolutionnera selon certains les relations entre les hommes et inspirera un monde nouveau, plus libre, plus collaboratif, donc évidemment meilleur. Faut-il partager leur enthousiasme ?

Comment ça marche ?

La Blockchain est un protocole cryptographique à la fois inviolable et privé qui permet de réaliser des transactions entre personnes, sans intermédiaire. Les informations, au lieu de remonter vers des centres pour être réunies et traitées en un lieu unique, sont inscrites sur un registre public sous forme de bases de données (des « blocs de chaines ») distribuées et partagées entre un grand nombre de sites. Tous les échanges y sont consignés sans possibilité d’en modifier les enregistrements qui sont consultables, donc vérifiables, par tout le monde. Au lieu d’être hébergées sur un serveur, vulnérable malgré les dispositifs de sécurité, les informations sont réparties sur un grand nombre de nœuds, et il faudrait que plus de la moitié de ces nœuds soient violés, ce qui est matériellement impossible, pour porter atteinte aux données. D’où la réputation de sécurité du système.

Qu’est-ce que ça change ?

La révolution n’est pas tant dans la technique que dans l’architecture des échanges qui s’exonèrent d’une plate-forme de données et de flux, ce qui est de nature à bousculer les structures centralisées et pyramidales qui caractérisent nos sociétés. Les modes de relations, d’échanges, de contractualisations, de paiements, suivant un chemin qui n’a plus à être vertical et centralisé mais horizontal et réparti, de pair à pair, on comprend que les rouages de l’économie peuvent en être modifiés. Les établissements agissant en intermédiaires de confiance abandonneraient ainsi leur pouvoir (celui de disposer des données, de les conserver, mais aussi de les utiliser…) au profit des personnes agissant en réseaux.

Qui est concerné ?

Tous ceux qui ont en charge la validation et la conservation des données, qui assurent la médiation et la bonne fin des opérations pour compte de tiers, sont menacés. On pense à la banque, à l’assurance, mais aussi à la santé, à tout ce qui est certificat, dispositif de vote, délivrance de diplômes, d’actes de propriétés, etc. Les acteurs historiques, administrations ou entreprises, mais aussi les plateformes comme Uber, Booking, Paypal, ou autres qui elles-aussi jouent un rôle d’intermédiaire centralisateur pourraient se trouver dépassés.

Pourquoi est-ce une révolution ?

On peut considérer que la caractéristique majeure de la Blockchain est d’instituer la confiance dans la relation de pair à pair. Avec le web 2.0, on a pris l’habitude de produire soi-même, d’échanger et diffuser des informations et des fichiers de toutes natures. Mais dès qu’il s’agit de formaliser un contrat, certifier une opération, régler une dette, l’intervention d’un tiers spécialisé, institution ou entreprise, est incontournable. Il est désormais possible de contractualiser et certifier un acte sans ce passage obligé, de s’affranchir des organisations centralisées et verticales, et de développer des relations horizontales, ce qui est de nature à favoriser un fonctionnement collaboratif et démocratique. C’est pour cette raison que certains voient la Blockchain amener une nouvelle organisation sociale, beaucoup plus coopérative, libérée des systèmes institutionnels, et une nouvelle forme de capitalisme. Les entreprises et leurs modes actuels de salariat laisseraient la place à une auto-organisation reposant sur les contributions des membres. La démocratie et le rôle des Etats en seraient profondément modifiés.

La Blockchain tiendra-t-elle ses promesses ?

Considérant que la première de ses applications a été le Bitcoin dont certains épisodes n’ont guère été rassurants, on peut douter que la première promesse de la Blockchain, celle de la confiance et de la sécurité, soit « naturellement » tenue. Des transactions, certes certifiées et infalsifiables mais anonymes et non contrôlées, sécurisent sans doute l’utilisateur, mais pas « naturellement » la société. La question est donc de savoir quelle régulation s’exercera alors que, on le sait, celle-ci n’arrive pas avant que les nouveaux usages soient établis. Il existe aussi des freins techniques car la Blockchain, qui nécessite une puissance de calcul considérable, est très consommatrice en ressources. Sa généralisation ne manquera pas de poser des questions d’impact sur l’environnement de nature à compenser les formidables réductions de charges quelle permet d’envisager.

Alors ? Qu’est-ce qu’on fait ?

Les grands groupes se sont saisis de la question (IBM et Microsoft par exemple), les grandes banques aussi (comme BNPP, Santander, UBS…), et nombre de jeunes sociétés travaillent sur de nouveaux usages. Ainsi vont sans doute se révéler des services répondant aux promesses de sécurité, de transparence et de collaboration. Personne en tout cas ne peut se désintéresser d’un phénomène qui agite et passionne depuis plusieurs mois la planète des experts. Dans un monde où tout s’accélère, où des milliards d’individus adoptent les usages numériques, où la vitesse de propagation des nouveaux services peut être extrêmement rapide, chaque entreprise doit se montrer agile, et pour cela, toujours mieux comprendre et s’approprier ce que les technologies permettent.

Pour en savoir plus :

Qu’est-ce que la Blockchain ?

La révolution Blockchain

La Blockchain et l’avenir du travail

La Blockchain, une révolution de nature à changer le monde

Blockchain, la chaine qui libère

Blockchain : révolution technologique ou mirage ?

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