APPROPRIATION NUMERIQUE

Tout le monde en convient désormais, il n’y aura pas de réussite dans le monde d’aujourd’hui et encore moins dans celui de demain pour ceux qui ne maîtrisent pas le numérique et ses nombreuses applications. Voilà pourquoi on voit toutes les organisations y aller de leurs annonces : ici un Monsieur ou Madame Digital Officer, là un espace réservé aux start’ups (espèce très en vogue qu’on admire et adule plus que ses propres enfants), ailleurs un budget colossal censé doter l’entreprise d’un outil extraordinaire et qui va évidemment faire d’une organisation traditionnelle un acteur majeur du Net. Et chacun y va de son initiative, de sa déclaration fracassante, de ses grandes promesses. Etant de ceux qui en appellent depuis plus de 10 ans à la prise de conscience et à la transformation, je ne peux que me réjouir de ces bonnes résolutions, même si je les trouve pour la plupart bien tardives et trop bruyantes. Car dans ce domaine, la vraie transformation est aussi silencieuse qu’une lente métamorphose qui touche l’entreprise au plus profond de son tissu humain.

Non, les millions ne servent à rien, les outils les plus sophistiqués non plus, encore moins les belles intentions. Non, ce qui compte, c’est l’appropriation du numérique par toutes les équipes, par toutes les femmes et tous les hommes qui font l’entreprise au quotidien et qui sont face aux clients. Non seulement la transformation numérique ne se fera pas sans eux, mais elle ne se fera que par eux, par leurs agilités, par leurs libertés, par les changements qu’ils initieront dans leurs métiers. Voilà pourquoi je persiste et signe : le numérique est d’abord culturel et managérial ; il ne pousse que sur un terrain de liberté, de collaboration, d’ouverture, de coopérations.

Il y a bien sûr la formation. Mais les meilleurs programmes ne colleront jamais sur un management traditionnel. On a besoin d’outils, on a besoin de formation, certes, mais on a surtout besoin d’un climat d’entreprise qui soit ouvert, bienveillant, sincère et libérateur. Ceux qui n’ont pas entrepris de faire tomber les cloisons, d’abandonner les postures statutaires et les organigrammes invasifs et anesthésiants, de parler simple et clair dans l’entreprise et hors de l’entreprise, ceux-là ne comprennent pas que leurs déclarations magistrales ne servent strictement à rien.

Nous avons conduit ces derniers jours au Crédit agricole Pyrénées Gascogne des réunions d’appropriation numérique intitulées « En route vers le nouveau continent ! ». Ce nouveau continent, c’est celui du digital, de la dématérialisation, du Big Data, de la relation immédiate, simple et multicanale, de la décision hyperrapide et de l’appui aux clients même lorsque nous n’avons pas nous-même la réponse à leur situation. Tous les managers et tous les Présidents de Caisses locales y ont participé, ensemble. Les Fintechs étaient là aussi, puisque nous avons accueilli et écouté ANAXAGO, WISEED, UNILEND, LENDIX et MiiMOSA. Lors de ces ateliers ont été abordés tous les usages, des sites sociaux aux sites marchands, des conseils sur tablettes aux prêts participatifs, de l’innovation bancaire à la culture numérique, toujours dans la bonne humeur et le plaisir de progresser (le plaisir est le seul moteur du vrai changement). Et chaque session s’est terminée par le passage du TANU, test d’agilité numérique concocté par Immersive Lab et qui a fait l’unanimité (même s’il a pu provoquer quelques sueurs froides). J’apparais sur la photo qui suit aux cotés de Crahük, mascotte du TANU, qui nous rappelle, si besoin était, que le numérique n’en est encore qu’à l’âge de pierre…

4 commentaires sur “APPROPRIATION NUMERIQUE

  1. Le numérique tel que tu l’exprimes ouvre le champ de la redistribution des rôles et des « importances » (comme disait Monsieur Molière) au sein des entreprises. Ce qui explique la difficulté qu’il rencontre à se diffuser naturellement.

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  2. L’ancienne economie est digitale parce que produite par la main de l’Homme
    La nouvelle économie est digitale car numérique
    Une ethimologie commune pour un double sens
    Mais à l’image d’Apple qui les a réconciliés avec le doigt pour unique stylet de son smartphone, soyons convaincus que la convergence de ces deux économies se produit d’autant plus tôt que nous savons les conjuguer et non les apposer.

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  3. Bonjour Jean,
    J’ai le plaisir de m’adresser à vous par l’intermédiaire de B.C. que j’ai rencontrée à l’innovation day où nous avons équipé les 350 participants de badges connectés KipYou. Celle-ci vous décrit en tant que DG le plus technophile de France. Et nous adorons cela. Il serait intéressant de se rencontrer pour vous en dire plus à notre sujet et en apprendre un peu plus sur vos réalisations. Voici notre première apparition publique sur 01Net: http://bcove.me/anh64oqi
    À très vite.

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  4. Bonjour,
    Je profite de ce billet pour vous remercier de l’accueil que vous m’avez témoigné début octobre : permettre et faciliter mon immersion dans votre CR a été très enrichissant tant professionnellement que personnellement.
    Notamment, participer à ces journées « En route vers le nouveau continent » m’a montré le chemin qu’il nous reste à parcourir en CR I&V et dans le reste du Groupe, mais aussi à quel point collaborateurs & administrateurs sont enthousiastes à s’approprier ensemble ces nouveaux domaines : avec 80% au TANU, j’y ai probablement un rôle à jouer 😉
    Merci aussi pour vos bons mots du mutualisme … le bonjour à David, Nicolas, Xavi … et Crahük.
    Nicolas ORHON, salarié de la CRCAM d’Ille & Vilaine

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