EURO & COMPETITIVITE

L’Euro est une monnaie forte. Trop forte pour certains qui en dénoncent les effets négatifs sur notre compétitivité. Un Euro cher, c’est bon pour les prix des importations, qui baissent, par exemple le carburant, mais c’est mauvais pour les produits exportés qui coûtent plus cher en dollars au fur et à mesure que l’Euro s’apprécie. Un autre effet de cette augmentation, c’est que pour exactement la même valeur en Euros, la valeur du capital des européens augmente comparée au reste du monde, et le prix du travail aussi. Dit plus simplement, quand l’Euro monte et que les salaires ou pensions sont gelés, ces salaires et pensions augmentent en dollars. Cette appréciation de notre monnaie peut paraître surprenante au regard des performances économiques de l’Europe qui restent bien modestes comparées aux autres pays du monde. Elle s’explique par l’attrait pour une monnaie qui constitue une alternative au dollar et inspire confiance aux investisseurs.

Les salaires européens ne sont pas compétitifs. Les entreprises qui exercent sur des marchés de très haute technologie, sur celui du luxe, ou sur des produits exclusifs, vins ou foie gras par exemple, en souffrent peu. Les autres, toutes les autres, dès lors qu’elles ont des compétiteurs sur les marchés mondiaux, en sont pénalisées. D’où l’appel pressant de certains dirigeants à la baisse du salaire minimal. Mais de combien faut-il le baisser pour concurrencer les entreprises chinoises ou indiennes, surtout si elles se mettent elles-mêmes à délocaliser leur production en Ethiopie ?

Bien sûr, certaines entreprises peuvent viser la montée en gamme de leurs produits pour rejoindre le peloton de tête. Combien ? D’autres peuvent miser sur l’innovation pour se distinguer de leurs concurrentes. Pour combien de temps ? Et leurs concurrentes innovent aussi ! Il y a enfin les gains possibles de productivité. Mais combien de marge ?

La question devient : à part la baisse des salaires, la montée en gamme, l’innovation, la productivité, existe-t-il d’autres leviers pour restaurer la compétitivité ? Il me semble qu’il y en a un dont on ne parle pas, ou trop peu, celui de l’efficacité humaine et relationnelle dans les entreprises. C’est normal qu’on en parle peu, puisqu’il n’est pas technique, mesurable, prévisible, maîtrisable. Il échappe aux règlements et aux procédures, aux tableaux de bord et aux inspections. On le connait mal et on sait assez mal l’actionner. Il ne relève pas du savoir ou savoir-faire mais du savoir-être. Il ne demande pas de connaissances mais des comportements. Il ne fait pas appel à des procédures ou des outils mais à l’initiative et à la coopération. Il ne demande pas de décision de l’Etat ou des dirigeants mais de la volonté individuelle et de l’intelligence relationnelle. Donc on n’en parle pas ! Et pourtant ! Si chaque Français s’investissait 3% de plus dans son travail, par un effort de qualité, de collaboration, d’imagination, le résultat serait stupéfiant !

Prenons un exemple. Si dans l’entreprise France, tous les Français se mettaient à sourire aux visiteurs, à les aider lorsqu’ils cherchent un monument ou un restaurant, à les accueillir de leur mieux, le chiffre d’affaires du tourisme qui représente déjà 6,5% du PIB progresserait encore. Or, sourire au lieu de ronchonner ne coûte pas plus cher, et c’est en plus bon pour la santé, donc pour les dépenses médicales…

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