FINANCE PARTICIPATIVE

Le web 2.0 et les réseaux sociaux n’ont pas inventé la finance participative mais l’ont remise au goût du jour. Le mouvement qui consiste à faire appel aux donateurs ou aux investisseurs pour financer un projet avec une intervention faible ou nulle des intermédiaires habituels ne date pas d’aujourd’hui.

Le financement communautaire et participatif dédié aux actions de charité est né au 18° siècle, et s’est développé ensuite avec le mouvement coopératif. Ainsi, les coopératives de consommateurs mais aussi celles de production sont nées de ce mouvement, et les banques coopératives, dont le Crédit agricole mutuel fait parti, ont été créées dans cette même inspiration. L’idée de se parler, de s’entraider, de cofinancer un projet est ancienne, et la pratique consistant à chercher auprès de ses amis ou de personnes influentes ou fortunées les moyens de réaliser un projet l’est plus encore. Nous savons que mécènes et bienfaiteurs ont de tout temps soutenu artisans, architectes et artistes, et que le payeur a toujours dit son mot sur le traitement de l’œuvre ou du projet.

Ce n’est donc pas la mise en relation de personnes associées sur d’autres critères que la seule recherche du profit qui est nouvelle. Ni le fait de présenter son projet et d’en expliquer le sens, y compris en soulignant ses dimensions sociétales ou environnementales. Ce qui est neuf, c’est que les réseaux sociaux et l’émergence de communautés d’internautes donnent une visibilité forte et globale à ce mode de financement. En établissant un dialogue, ils offrent une connaissance plus précise du projet et de son porteur. La dimension collaborative d’Internet en fait un support idéal, et permet de tester son idée, de l’infléchir en fonction des réactions des internautes, voir de commencer à lui trouver un marché. Ainsi, les sites de co-construction se multiplient dans le monde, avec le mouvement dit de « crowdfunding » (construction par la foule) selon des modalités diverses et dans des secteurs différents. Ces plateformes fleurissent dans le peer-to-peer, pour financer des particuliers ou des entreprises, dans la participation en capital qui ouvre les investisseurs à des PME non cotées, dans la coproduction qui promet un intéressement financier sur l’art et la création principalement, dans le don ou le microcrédit solidaire, en soutien de projets…

La France n’est pas en avance sur tous ces chapitres, en raison surtout d’une réglementation terriblement exigeante qui cherche plus à confirmer les principes appliquées aux intervenants traditionnels qu’à établir un cadre nouveau, adapté aux nouveaux usages. Cette posture, dont certains diront qu’elle a le grand mérite de protéger le Pays d’une foule de services dont certains, ne serait-ce que pour des raisons statistiques, se révéleront porteurs de risques de fraudes ou escroqueries, a l’immense inconvénient d’une part de « sortir » les entrepreneurs Français du marché international, d’une autre, de ralentir les progrès des citoyens sur les nouveaux usages. Cela semble toutefois bouger puisque les pouvoirs publics annoncent une simplification et que l’ L’Autorité des marchés financiers et celle l’Autorité de contrôle prudentiel ont publié en mai dernier un guide pour éclairer les porteurs de projet.

Il est d’ores et déjà possible de faire un certain nombre de constats sur ces nouvelles formes économiques. D’abord il y a un vrai engouement intellectuel pour vanter les mérites de ces sites participatifs que les médias adorent mettre en avant, annonçant aux heures de grande écoute que « c’est désormais par Internet que l’argent se trouve », que « la frilosité des banquiers est rattrapée par le participatif », que « sans tel site, jamais Isidore ou Bérénice n’auraient pu ni s’installer ni réussir »… Ensuite, cet engouement intellectuel n’est pas forcément confirmé par le succès comptable, et je ne vais pas donner de chiffres et encore moins citer de marques, mais la vérité est qu’il y a loin entre ce qui en est dit sur les ondes et les volumes brassés. Enfin, il commence à naître des reproches sur la transparence de ces sites, sur leur honnêteté, sur leur vraie motivation, sur l’équité des rémunérations, sur la sincérité des informations. Ces modèles économiques sont donc encore fragiles, car très séduisants sur leurs principes, ils suscitent de la prudence, voire même des critiques.

Pyrénées Gascogne n’a jamais caché sa sympathie pour cette Finance Participative. Nous avons été les partenaires de FriendsClear qui a été un pionnier en France mais a dû cesser son activité en raison d’exigences réglementaires ne lui permettant pas d’adopter le modèle gagnant aux USA ou en Allemagne. Nous sommes toujours partenaires de Babyloan.org, major dans le micro-crédit. Nous avons-nous-même développé les Tookets, qui sont une forme de Financement Participatif qui fonctionne très bien (peut-être parce que l’internaute distribue l’argent des autres ?). Quant à Pelikam, il réussit très bien ses premiers pas pour le financement des projets. Souhaitons leur bonne chance !

2 commentaires sur “FINANCE PARTICIPATIVE

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