APPEL EUROPEEN

Il est temps que les historiens reprennent la parole. La crise de l’Euro les concerne d’abord. Je veux dire en premier, avant les autres, en priorité. Pris par le rythme de l’actualité, nous en sommes tous arrivés à attendre chaque matin une mesure, une information, une nouvelle qui nous éclaire sur l’Etat de notre Europe. Tout cela est bien court-termiste !

Est-ce que les pionniers de l’Europe, lorsqu’ils en ont élevé les premières pierres, avaient en tête de faire plaisir aux marchés ? Etait-ce pour établir une discipline budgétaire ? Non. Leur idée était de construire un espace de paix, un espace d’échanges, une unité européenne qui garantisse à leurs enfants ce qui leur avait fait défaut, la paix (enfin !), la sécurité, l’espace commercial. Et la zone Euro était une promesse. Celle de ne plus laisser les conflits détruire les peuples, celle de protéger ses adhérents des agressions, celle de permettre aux jeunes de voyager, d’échanger, de construire leur vie dans un univers stable.

Et voilà que pour des questions de divergences, d’écarts, de bonheurs et de malheurs, de chances et de malchances aussi, de Nord et de Sud, de riches et de pauvres, de retraités et de jeunes, mais au total de rythmes différents, de bulles, d’illusions, de croissance réelle ou virtuelle, d’erreurs aussi, d’incurie, d’abus, on en arrive à oublier l’essentiel, la paix, l’unité, l’espace commun.

Les « jusquauboutistes »  qui dénoncent les pays  irresponsables mesurent-ils les conséquences de leurs convictions ? Ont-ils regardé combien les Portugais ou les Espagnols par exemple prennent la mesure de la situation et puisent dans leurs formidables capacités d’absorption, je veux dire dans leurs solidarités familiales et collectives, dans leur orgueil aussi, les forces pour résister à une crise historique ? Ont-ils compris qu’abandonner la Grèce à sa monnaie provoquerait des déséquilibres géopolitiques aux conséquences immaitrisables ?

Il est temps, grand temps, que l’histoire de l’Europe s’invite dans le débat, que nous nous rappelions que c’est pour l’Euro que nous avons retiré les forces militaires d’Allemagne, que c’est pour l’Euro que les peuples européens ont accepté de tourner la page des moments les plus noirs de leur histoire, que c’est au nom de la solidarité, de l’espace commun, de la sécurité et de la Paix que tous ont signé.

Les chiffres sont têtus, les efforts sont nécessaires, les problèmes doivent être réglés, mais pour nous, pour nos enfants, pour l’avenir, ne passons à perte ce qui a été d’abord une formidable espérance. Il faut trouver des solutions, il faut d’un coté accepter que la crise ait un coût et de l’autre admettre un peu d’abandon de souveraineté. A chacun de faire un pas pour sauver l’essentiel…

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