BON. ON EN SORT QUAND ?

Bien sûr, « le temps des marchés n’est pas le temps de la démocratie ». Cette formule est dite et répétée chaque fois que se pose la question : « Mais que faîtes-vous donc ? ». La maison Europe est pourtant au plus mal, et les difficultés rencontrées cette semaine par l’Italie, l’Espagne mais aussi, et c’est nouveau, l’Allemagne, pour trouver prêteur en témoignent. Un article du New-York Times en dit long sur la perplexité des observateurs internationaux : « Plusieurs banques (Merrill Lynch, Barclays, Nomura) s’apprêtent à envisager le scénario d’un éclatement de la zone Euro. », «  Standard & Poor’s est aux aguets pour dégrader la note de la France » (ce qui, au passage, la mettrait au même rang que les USA, la Chine, l’Inde et la Belgique). « Faut-il se cramponner à cette idée que l’euro est la seule solution possible ? ». Et là, l’argument décisif pour quitter l’Euro est avancé : « L’Europe est un ensemble de pays qui n’ont pas le même niveau économique, social et culturel. C’est un ensemble qui ne fonctionne pas. »

Parce que les Etats américains ont eux le même niveau économique, social et culturel ? Parce que la France et l’Allemagne par exemple, qui ont chacune vécu avec une monnaie unique pendant des décennies sont faites de régions, le landers, qui ont le même niveau économique, social, et culturel ? Parce qu’en Espagne au temps de la péséta, toutes les provinces avaient le même niveau économique, social et culturel ? Je suis du Sud-ouest, mes repères, mes racines, sont en Ariège et dans l’Aude, maintenant en Béarn et Gascogne. Ces régions ont-elles les mêmes atouts économiques que les bassins parisiens, lillois ou lyonnais ? Cela a-t-il empêché de faire une République et une monnaie ?

Et que penser de la position allemande qui s’oppose fermement à l’intervention de la Banque centrale européenne (BCE) pour acheter la dette et mettre un coup d’arrêt à la crise de liquidité ? De toute façon, la BCE est déjà de fait le prêteur en dernier ressort. Elle achète du « papier » quand la pression devient intenable sur la dette italienne ou espagnole. Ne pas reconnaitre ce rôle et cette action, comme le font les allemands, entretient la crise de liquidité. Que ce rôle soit reconnu, et la BCE n’aura plus besoin d’intervenir et les taux de financement baisseront. Il faut donc donner mandat à la BCE pour faire… ce qu’elle fait déjà. Lui donner le statut de prêteur en dernier ressort, et pour cela, dire maintenant « Oui, nous allons le faire ! ».

Une parole forte fera se rapprocher le temps de la démocratie de celui des marchés, CQFD. J’ajoute CQFF, ce qui signifie, vous l’avez compris, « ce qu’il faut faire ».

Un commentaire sur “BON. ON EN SORT QUAND ?

  1. C’est un peu facile de dénoncer les allemands… Ce ne sont pas les allemands qui nous ont mis collectivement dans cette situation que je sache !
    Nous avons laissé filer la dette depuis des années… et maintenant c’est « Au secours ! »… « les vilains allemands ne veulent plus nous laisser faire n’importe quoi et n’importe comment »…
    Mais il est évident que, même si la BCE fait tourner la planche à billet… ce n’est que reculer pour mieux sauter !
    Nous n’avons fait que « pousser la vague » de la dette d’années en années…
    Il va bien falloir sortir de ce mécanisme infernal…
    Ou nous ferons comme les autres pays… défaut sur une partie de la dette elle-même ! Il n’est même pas sûr qu’il y ait d’autre option à terme (terme que l’on s’évertue à essayer de repousser pour annoncer « voilà ! la crise est finie »).

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