EXPLIQUEZ !

Il est devenu urgent d’expliquer clairement ce qui se passe dans le Monde. La démocratie a ses exigences, on le sait depuis longtemps, notamment celle de l’information et de la vérité. Or, d’évidence, peu de gens comprennent la drôle d’histoire qui est entrain de se dérouler sous leurs yeux. Et on entend tout et son contraire, assaisonné de contre-vérités flagrantes.

Je lis comme vous, par exemple, que le G7 vient de réunir les « pays riches ». Formule reprise par tous les médias. Un pays assommé de dettes au point que les autres ne souhaitent plus lui prêter peut-il être qualifié de « riche » ? Il pèse certainement très lourd en PIB, mais comme pour les entreprises, il ne faut pas confondre le chiffre d’affaires et le résultat… Et c’est le résultat qui fait la richesse.

J’entends comme vous que les gouvernants européens cherchent des solutions communes au problème de la dette. Il suffit pourtant de regarder ce qu’ils décident pour constater qu’ils jouent maintenant « perso ». Les pays du Nord, qui tiennent leur budget, ont maintenant dit clairement qu’ils ne paieraient pas pour les « cigales » du Sud. Et tant pis si ces cigales ont acheté leurs voitures et leurs équipements. On tourne la page. Ce sera chacun pour soi !

J’entends aussi que cette crise a été engendrée par les banques qui après avoir asséché les caisses des Etats auraient prêté à ces mêmes Etats à des taux insupportables et sans prudence suffisante. Faut-il encore dire et redire que Les Banques françaises n’ont pas reçu d’aide de l’Etat, mais des avances remboursées et payées à un taux proche de 10% ? Que les banques prêtent aux Etats parce que c’est leur métier ? Comment peut-on leur reprocher d’avoir dans leur bilan de la dette publique de leur pays ou de pays d’Europe ? Et si les Etats dépensent plus qu’ils n’ont de ressource, est-ce la faute de leurs banques ou tout simplement de la leur ?

Entendons-nous bien, il est légitime de reprocher aux banques leur engagement dans l’immobilier américain (les fameux subprimes). Elles en ont fait trop, sans vigilance suffisante, et n’ont pas su voir venir le danger, comme les autres acteurs de la finance d’ailleurs. Mais on ne peut pas reprocher aux banques de financer les Etats. Non !

Finalement, l’histoire de cette crise est très simple. C’est celle de la dette. Une histoire entre prêteurs et emprunteurs qui tourne mal quand les premiers ne font plus confiance aux seconds. Chacune et chacun sait dans sa vie personnelle et familiale que cette situation, quand elle survient, nécessite de réagir très vite et de rééquilibrer son budget. Et que ceux qui n’y arrivent pas disent facilement que c’est la faute à la banque… personne n’est obligé de les croire.

3 commentaires sur “EXPLIQUEZ !

  1. Je partage votre analyse et c’est pour cela qu’il est nécessaire de renforcer les instances de contrôles au même niveau que les systèmes de développement, qu’ils soient politiques (Le Sénat et la Cour des Comptes), financiers (Banque de France et Banque Centrale Européenne) ou de même pour nos filières industrielles, agricoles, forestières, artisanaux ou commerciaux qui pointent le jour si fébrilement et s’y débattent sans cesse…

    Il manque à nos systèmes un canevas exécutoire tel que nous le connaissons dans la mise en oeuvre des Fonds européens, qui mesure le service public effectif rendu! C’est à dire défini et évalue la quantité, la qualité et les délais, et les règles le sont pour chaque Etat-membre. Tout écart non justifié et sans avis préalable est sanctionnable, la pénalité est non proportionnelle à l’anomalie et susceptible d’inéligibilité des aides, si écart important. Des règles clairement annoncées et contractuelles…

    Vous avez certainement entendu la pub sur la fraude! il y a dix ans qu’il aurait fallu développer cet état d’esprit responsable… Un rappel des règles qui régissent l’intérêt général pour un continent qui en est encore qu’à ses premiers pas d’une riche histoire humaine, l’Europe!

    Ce n’est pas la responsabilité davantage des uns ou des autres qui fait que nous en soyons là, elle est commune! celle de laisser quelques uns qui escroquent au plus large et entrainent les autres dans un système qui développe la perversité, les abus, le mensonge et la débauche.

    Car en fin de parcours, pour ceux qui opposent, ils servent un système parallèle qui s’en nourrit, attention à la panne, au joint de culasse!

    Nous avons bien du chemin pour ramener notre société aux valeurs du capital, celui qui provient du travail de la France (sans protectionnisme aucun) et qui a encore beaucoup d’effort pour s’aligner aux cours mondiaux.
    Ne passons-nous pas notre temps à valoriser nos finances dans des outils qui produisent à l’extérieur? Il est évident qu’il nous faut le courage de réduire notre course ou nous irons « couler une bielle », tout comme nos voisins qui dépose actuellement le moteur pour en contrôler les coussinets!

    Il est grand temps que l’on place notre mode de fonctionnement assez haut sur le pont afin de vérifier l’ensemble des points de contrôle… Quels points de contrôle??!! Où sont les outils? et l’agent!! Que fout l’agent, non d’un chien!?
    Pourtant il y a bien des flashs pour les excès de vitesse! avec des courriers automatiques et suivis du paiement des contraventions.
    Pourtant il y a bien un système de contrôle des surfaces cultivées.. par télédétection et vues aériennes, avec des courriers automatiques et suivis du paiement des contraventions.

    Bien d’autres secteurs sont aussi vérifier régulièrement pour préserver l’aspect durable de notre investissement…

    Cessons de rechercher les arguments qui nous opposent, mai ceux qui nous unissent! Mettons en place les moyens d’éviter le chaos! Un peu de Paix à préserver…

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  2. J’entends bien vos explications et il y a très probablement des racourcis et des contre-verités dans les propos tenus dans les médias.

    Je m’interroge toutefois sur le problème des dettes souveraines. Bien entendu, « on ne peut pas reprocher aux banques de financer les Etats », mais qu’en est-il des règles prudentielles dont les banques se font les porteurs ?

    Lorsqu’un particulier demande un prêt à sa banque, son dossier est étudié, son taux d’endettement est passé au crible, et des garanties (parfois lourdes) sont exigées en échange.

    J’entends de la part des politiques (et même de quelques banquiers) que la gestion de la Grèce est catastrophique, avec une fraude organisée, un travail ‘au noir’ qui fait flores, des impôts qui n’entrent pas. L’Europe aurait distribué des sommes colossales pour financer des investissements qui n’auraient jamais eu lieu.
    J’entend également que le monde économique et politique était au courant de cette situation, et que la Grèce n’aurait jamais du intégrer la Zone Euro.

    Si tout cela est vrai, comment les banques ont-elles pu en arriver à prêter autant sans des contreparties valables ?
    Ne serait-ce pas dans l’espoir d’engranger davantage de profit, à l’heure où les marges dans la banque de détail ont tendance à diminuer ?

    Certains parlent maintenant de ‘nationaliser les banques françaises’ et c’est une énorme fumisterie. Mais n’avez-vous pas prêté le flanc à ces attaques populistes ?

    Car oui, « l’histoire de cette crise est sûrement très simple », et oui « c’est celle de la dette ».
    Mais le rôle des banques est justement de veiller à la solvabilité de ses clients. Si vous ne le faites pas (et surtout, si vous ne le faites pas de façon ‘égalitaire’ pour TOUS vos clients), il ne faudra pas s’étonner de la crise de confiance de vos clients finaux (et je ne pasle pas ici des marchés financiers).

    PS : bravo pour ce blog qui représente un vrai courage, à l’heure où la communication sur la situation des banques est au mieux inaudible.

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  3. Merci Vince de vos remarques et de vos encouragements. J’y suis sensible.

    Vos réflexions sont précises et exigent des réponses claires. voici mes réactions :

    1/ « Qu’en est-il des règles prudentielles dont les banques se font les porteurs ? » : Les banques sont tenues de respecter les règles prudentielles et elles y sont contraintes. Tous les risques sont notés et l’ensemble des risques notés détermine le niveau de fonds propres requis. le régulateur ne rigole pas sur ce point, les inspections sont très fréquentes, les ratios sont contrôlés. Tout cela signifie que les banques ont toujours été « dans les clous » et que les fonctionnaires chargés de contrôler l’adéquation des risques n’ont pas émis de réserves.
    J’ajoute que les ratios d’endettement de la Grèce étaient jusqu’à il y a peu parfaitement acceptables, et meilleurs que ceux de la France. Si certains abus étaient connus, l’existence de comptes inexacts n’est apparue que plus tard.

    2/ « Comment les banques ont-elles pu en arriver à prêter autant sans des contreparties valables ? » D’abord, il ne s’agit pas de prêts, mais d’achat d’obligations. les Etats émettent des obligations et les banques en achètent. D’abord, le risque Etat est considéré historiquement comme le plus sûr, puisque les Etats lèvent l’impôt et sont considérés comme plus solvables que n’importe quel autre émetteur (ça va changer !). Ensuite, les banques diversifient leurs placements et achètent des obligations de différents pays pour diviser leurs risques. S’agissant du Crédit agricole, détenir quelques 600 millions d’obligations grecques dans son bilan représente vraiment une part très faible. Il est évident que cela reflète plus de défiance que de confiance et certainement pas une recherche de « bonnes affaires ».

    Je ne dis pas que tout est parfait, je dis simplement que les choses sont plus compliquées que ce qui nous est parfois offert « argent comptant ».

    Bien cordialement,
    Jean PHILIPPE

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