PROCRASTINONS !

Il y a de cela quelques mois, le 22 mars 2009 exactement, je commettais sur ce site une note intitulée «Expectative ou procrastination?» où je n’étais pas tendre avec le comportement qui consiste à remettre au lendemain ce qu’on aurait pu faire le jour même. Pourquoi réaliser dans une précipitation génératrice de stress ce que nous avions le temps de faire pendant de longs mois ? Des mois au cours desquels nous avons traité (et parfois maltraité 🙂) les instances qui n’auraient pas été si…

La lecture des conclusions des travaux de quelques psychologues me conduit à revoir ce jugement qui à la réflexion, était trop hâtif. Ces conclusions sont rapportées sur le site de David McRaney et ont inspiré la note que vous trouverez ici.  Elles nous apprennent que procrastiner n’est pas si néfaste à condition de ne pas en abuser… C’est ce que je retiens du fameux «test de la guimauve» qui faisait un temps la joie des internautes. Pour ceux qui ne connaissent pas, ou qui veulent revoir, je mets le lien…

Il faut remonter aux années 60. Walter Mischel de l’université de Stanford mène alors sur de jeunes enfants des expériences frisant le supplice en abandonnant chacun devant un bonbon à la guimauve et en leur en promettant deux s’ils n’y touchaient pas avant son retour (10 mn quand même). Une enquête menée quelques années plus tard montre que les enfants qui ont su résister (1 sur 3 seulement) ont connu par la suite plus de réussite scolaire et une meilleure intégration sociale que les autres. On apprend que ces enfants-là ont su se laisser distraire, détourner leur concentration de la guimauve interdite, oublier leur désir immédiat pour un enjeu plus lointain. Et que ce savoir-faire d’autocontrôle ne relève pas de la volonté, comme nous le pensions, mais de la capacité largement innée à oublier. Ils procrastinent naturellement et utilement…

Sans laisser le temps aux procrastinateurs invétérés de se réjouir de ces conclusions, je m’empresse de dire qu’il n’y a pas de saine procrastination  sans bonne cause. Or, dans la majorité des cas, remettre à plus tard conduit à ne faire jamais et nous procrastinons en pure perte. C’est le cas lorsque devant le fruit et le gâteau, nous optons systématiquement pour le gâteau, renonçant au bénéfice du fruit que nous savons pourtant meilleur pour la santé. Ou quand, dans le hall du cinéma, nous choisissons toujours  le film le plus léger, nous privant à jamais de voir les meilleurs. Ou encore, quand nous attendons le 24 décembre pour acheter les cadeaux de Noël… Nous pouvons toujours nous rassurer en nous disant que cela porte un nom, «le biais du présent», reste que nous procrastinons pour rien… Bonnes fêtes quand même ! (hymne procrastinien)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s