Éloge des sanguins

Force est de constater que les coups de colère ont beaucoup de vertus. D’abord, ils font du bien parce qu’ils évacuent chez ceux qui les poussent les tensions en surplus et les libèrent des pensées qui ne pouvaient leur faire que du mal. En ce sens, la colère est thérapeutique. Mais elle est aussi thérapeutique pour ceux qui la reçoivent. En secouant leurs certitudes elle les oblige à se demander si finalement, les choses ne pourraient pas être vues autrement. Disons qu’elles forcent le point de vue et font ainsi progresser la société. Ebranlés par la tornade certains changent de regard et de position et ceux qui ne changent pas prennent conscience que d’autres pensent autrement.

Des polémistes comme Mirbeau ou Péguy ont, en d’autres temps, exprimé de très belles colères, des colères utiles, des indignations justes, pleines de conviction et de talent. Ils ont l’un et l’autre parlé de l’argent, dans « Les affaires sont les affaires » pour le premier, dans  « L’argent » pour le second et dans bien d’autres textes. Il est saisissant de voir combien leurs colères sont toujours actuelles. Parce qu’il y a toujours l’argent qu’on cache, qu’on vole, qu’on joue ou qu’on exhibe, celui pour lequel on affame ou on tue. Et l’argent de la vie de tous les jours, celui qui est reconnaissance, contrepartie, qui nourrit les échanges entre les hommes. Or ce premier argent qui était de leur temps affaire de salons et de beaux quartiers, a pris au fil des ans beaucoup plus de place dans la vie publique. Il s’étale aujourd’hui en gras sur les journaux et les écrans, dans les spectacles, les jeux, les sports… Si bien qu’il semble avoir gagné sur l’autre, l’avoir supplanté. Et c’est tout juste si de temps en temps, on entend le coup de colère, évidemment étouffé, évidemment suranné, mal à sa place dans ce décor, de gens qui rappellent ici ou là qu’il faut rétablir la hiérarchie des valeurs.

Les banques ont entendu ces derniers mois bien des critiques et des « coups de gueule ». Ont-elles finalement fait autre chose que de suivre les dérives de leur temps ? Elles doivent en tout cas comme les autres contribuer à rétablir ce sens des priorités. Nous travaillons dans cette voie à Pyrénées Gascogne, en mettant en priorité l’intérêt du client, l’écoute du client, l’expression du client, la réponse au client, le service au client. En nous mettant au service de cet argent qui sert ici à produire, vendre, travailler, acheter. Cet argent qui a une utilité collective et sociale. L’argent de tous les jours…

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