Aide-toi…

athenes

Il en va des bulles spéculatives comme du volcan islandais. Elles explosent un jour quelque part et répandent leur nuage de cendres bien plus loin. Les économies du monde entier ont été carrément «clouées au sol» par l’explosion de la bulle de l’immobilier américain. D’abord les banques, touchées l’une après l’autre aux USA puis en Europe, le temps, rappelez-vous, que le nuage des crédits « subprime » traverse l’océan. Puis les autres activités, entrainant au pire une sérieuse récession, au mieux un ralentissement sévère de la croissance. Enfin, les Etats, dont les budgets se trouvent brutalement privés de recettes. La bulle immobilière américaine, devenue en quelques mois une bulle financière, se transforme maintenant en bulle budgétaire qui affecte les finances publiques.

Les pays les plus touchés sont naturellement ceux dont la croissance dépendait le plus des excès du marché immobilier. Seulement voilà, ils ont fait «comme si» cette manne devait durer toujours. «comme si» il était possible de construire et de vendre jusqu’au dernier mètre carré. Le retournement du marché est pour eux dramatique. La Grèce ajoute au retournement conjoncturel des déséquilibres bien plus profonds, «maquillés» longtemps, et surtout, surtout, l’incapacité pour son peuple de comprendre ce qu’on ne lui a jamais expliqué. Dans ces conditions comment demander brutalement un effort colossal à une société qui n’a pas été préparée à remettre en cause un modèle de développement qu’elle croyait durable ?

C’est parce que la correction de trajectoire est très difficile (impossible ?) que les pays européen ont tardé à décider de leur soutien. C’est parce que beaucoup n’y croient pas que des voix s’élèvent pour demander la sortie du pays de l’Euro, seule voie à une dévaluation de la monnaie et à un ajustement des compteurs. D’ailleurs, des cortèges ne se sont-ils pas formés à Athènes pour refuser les milliards du FMI, preuve que la réalité de la situation est loin d’être comprise de tous ?

Comme pour l’aide aux banques et aux entreprises, la question de l’aide aux pays est bien : «Je t’aide, d’accord, mais toi, tu fais quoi ?». Il ne peut pas y avoir d’intervention publique sans, en contrepartie, l’engagement de redresser les comptes et de remettre les choses dans le bon ordre. Ceux qui clament «Il n’y a qu’à les aider ! Pourquoi avoir attendu ?» négligent cette dimension de responsabilité. La solidarité est essentielle, mais en tout domaine, elle n’est acceptable que si celui qui reçoit a commencé le difficile mais nécessaire boulot de redressement. Sinon, cela s’appelle de la charité, mais ce n’est pas du domaine public.

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