Overdose de vertus vertes ?

oceans-filmLa communication des marques sur leurs vertus vertes a quelque chose d’agaçant. Leur intérêt pour le développement durable est trop brutal, trop général, et, disons-le, bien trop bruyant,  pour être sincère. Comment ne pas voir dans ce tapage médiatique que beaucoup d’entreprises, sans tomber toutes dans l’écoblanchiment,  s’achètent une conduite à peu de frais en mettant en avant quelques initiatives qui ne bouleversent ni  leur mode de fonctionnement ni leurs priorités ? Faut-il pour autant les condamner ?

Que de plus en plus de décideurs comprennent et affirment qu’il faut conduire le développement en respectant l’environnement, n’est ce pas plutôt bien ? Que dans cette quête vertueuse, ils encouragent l’innovation et contribuent dans leurs équipes, auprès de leurs clients, à faire monter l’exigence sur ce registre, n’est-ce pas bénéfique ?  Que les voix des médias, des entreprises, des intellectuels et des cinéastes, des politiques et des chanteurs, se mettent en harmonie pour dire, « juré-craché », que la protection de la diversité des espèces, des paysages, des océans et du climat sont des priorités humaines qu’ils entendent bien défendre, qui va s’en plaindre ? Alors ?

Alors, tout est allé trop vite. L’écologie est passée si brutalement d’un statut de militantisme marginal,  jugé bien souvent subversif, naïf et inconséquent, à celui de pilier incontournable de la morale moderne, qu’on en arrive à se demander si elle n’est pas un ingrédient de plus de « la pensée unique », donc molle et mièvre. Un peu comme si sa revanche était trop franche et trop rapide pour que ne pas nuire à ses intérêts fondamentaux.  Le risque est en effet réel d’exploiter la peur du changement climatique sans faire l’effort de se demander pourquoi il est important de respecter les grands équilibres écologiques, donc la vie des espèces et des peuples qui ont chacun besoin d’un espace adapté.  Qu’on en reste finalement à la surface « verte » des choses.

Alors ? Alors, il faut privilégier en profondeur la responsabilité avec ce qu’elle entraîne de réflexions, de débats et de décisions. C’est en son nom qu’il faut se préoccuper des grands équilibres écologiques mais aussi financiers et sociaux, qu’il faut tempérer les appétits spéculatifs, réduire les déficits publics, traiter la question du chômage et celle des retraites. En son nom toujours qu’il faut concilier les intérêts des peuples. Cette responsabilité est exigeante, elle demande de regarder, de comprendre, de juger et d’agir. Elle n’est pas faite de coups médiatiques, ne s’accommode pas de certitudes, mais de travail, de volonté, de courage.  Et tout ce qui est Green, vert ou écologique ne trouve de sens que dans cette responsabilité qui est par essence plus profonde et plus large.

C’est cette responsabilité économique, financière, sociale, humaine qui anime le mutualisme depuis ses origines. C’est au nom de cette responsabilité que Pyrénées Gascogne a engagé de nombreuses actions pour réduire son impact carbone, pour développer sur ses bâtiments et sur ceux de ses clients la production d’énergie renouvelable, pour réduire les transports et les impressions papier.  Mais c’est au même titre que Pyrénées Gascogne a inventé la Carte sociétaire, des produits d’épargne responsable, des modalités spécifiques pour l’accompagnement des clients fragilisés. Le Crédit agricole est partenaire d’Océans, le nouveau film de Jacques Perrin, comme il l’est de milliers d’associations qui œuvrent dans de nombreux domaines sur les communes de France, et des internautes du Sud-ouest avec Internet Céç@.

Que le Crédit agricole soit vert, chacun le sait depuis longtemps ;-). On sait moins qu’il est organisé depuis ses origines pour que cette responsabilité s’exerce à tout moment, à tous niveaux, et sur toutes les dimensions de l’entreprise. C’est le sens de sa gouvernance partagée, de sa prise de décisions sous le regard des sociétaires et élus, de son fonctionnement participatif et démocratique. Et c’est bien là qu’est l’essentiel, au-delà des effets de mode et des priorités souvent éphémères…

Pour la bande annonce (magnifique) du film Océans de Jacques Perrin, c’est ici….

oceans-annonce2

2 commentaires sur “Overdose de vertus vertes ?

  1. Un beau « Blanc » … pas encore vu … surmon album … un Tigre de 4m …
    Sinon Mode quand tu nous tiens … le principal est que cela est un impact durable sur les mentalités de « masses ». A force de répéter … soit on fait de l’Alzheimer soit on change 😉

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  2. Mieux vaut tard que jamais !!! dans quel état laisserons nous cette terre que nous abimons chaque jour davantage, à nos enfants ???
    Tant pis si les intentions sont parfois « douteuses », l’important c’est que ça bouge !!! et des films comme AVATAR ou la chanson de M.Jackson « EARTH SONG » y contribuent plus que tous les discours….

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