L'Utopie selon Thomas MORE

cite-ideale

Une dimension historique essentielle du mutualisme concerne l’Utopie. Beaucoup d’auteurs qui ont réfléchi et écrit sur ce concept l’ont fait souvent en tentant d’imaginer une société idéale ou l’homme n’est plus « un loup pour l’homme » mais au contraire un appui, un levier, une ressource pour progresser, afin que le progrès de l’un profite à l’autre.

Certains sont même allés jusqu’à mettre en pratique leurs idées, je pense, à titre d’exemple, à Robert OWEN avec ses « villages de coopération », à Jean-Baptiste GODIN et son Familistère, situé à Guise, ou encore à la Société des équitables pionniers de Rochdale, près de Manchester, coopérative fondée en 1844 par 28 tisserands et dont les sociétaires vont se compter au nombre d’une quarantaine en 1844, puis à près de 400 en 1849 et à plus de 10 000 en 1880.

Thomas MORE, homme politique et humaniste anglais, ami d’Erasme, premier auteur à avoir imaginé une cité idéale, dénommée UTOPIA, est considéré comme un précurseur voire un maître et une source d’inspiration pour tous les penseurs de l’économie sociale du XIXème. Publié en 1516, le livre de Thomas MORE décrit une cité idéale dont l’organisation et le fonctionnement se fondent sur des principes en opposition aux règles régissant les gouvernements et les Etats de son époque. Une phrase tirée de son livre en résume l’ambition et la thèse, phrase au demeurant très moderne et qui pourrait s’appliquer à bien des systèmes de gouvernance contemporains : « Malheur au pays où l’avarice et les affections privées siègent sur le banc des magistrats ».

Le livre est construit autour du récit d’un voyageur, Raphaël HYTHLODAY, qui va décrire les règles régissant cette République après y avoir séjourné plusieurs années. La première partie de l’ouvrage est consacrée à une violente critique de la situation politique  en Angleterre et en Europe en ce début de XVIème siècle. La description de l’île d’Utopie donne une idée des idéaux poussés par les humanistes, très modernes pour l’époque : démocratie et abolition des classes sociales, économie fondée sur une agriculture abondante, partage de la production, spécialisation des métiers et participation de tous aux travaux pour le bien commun, éducation ouverte à tous, pacifisme, …

La force de l’utopie, c’est de fixer une cible impossible à atteindre, certes, mais qui donne des perspectives pour faire évoluer la société réelle pour « tendre vers ». Elle favorise la prise de recul par rapport au présent en opposant la possibilité d’une autre vie à l’esprit d’accoutumance et de résignation. L’Utopie est source de progrès et d’innovation.

Certes on pourra dire que les utopies de la fin de XIXème siècle déployées en grandeur nature dans un certain nombre de pays n’ont pas atteint les résultats espérés et se sont mal terminées un certain 9 novembre 1989. Pour autant, dans le contexte actuel de crise et de perte de sens, n’avons-nous pas besoin aujourd’hui de nouvelles utopies pour franchir le jour d’après ?

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