Mutualisme et modernité

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Marc POUZET, Président de la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel Alpes Provence et Michel MAFFESOLI, sociologue et Professeur à la Sorbonne, viennent de publier un ouvrage consacré au mutualisme. Le parti pris de cet ouvrage est d’envisager le mutualisme comme une troisième voie entre, d’une part un libéralisme dont les excès ont montré les limites du modèle, et, d’autre part, les économies dirigées qui se sont pratiquement toutes effondrées à la fin du XXème faute d’avoir su rivaliser au plan de la croissance avec l’économie de marché.

Après un retour aux sources et plus particulièrement après une évocation des thèses des fondateurs du mutualisme : les Robert OWEN, Frédéric LE PLAY, Charles GIDE, RAIFFEISEN et autres Louis DURAND et Ludovic de BESSE, les auteurs vont s’attacher à identifier les traits caractéristiques, aux plans social, économique et culturel des sociétés de personnes coopératives, par opposition à ceux des sociétés de capitaux. Ils mettent notamment en exergue l’efficience de la coopérative grâce à son ancrage dans la vie locale, à son système de gouvernance à double regard, à son fonctionnement en réseaux, à sa finalité fondamentalement tournée vers le long terme, le durable et l’utilité pour le territoire.

Au plan sociologique, leur analyse oppose deux époques. La Modernité, qui s’étend de la Renaissance à la fin du XXème siècle, fondée sur l’individualisme, la compétition, l’amélioration des conditions de vie matérielles, l’utilisation sans frein des ressources naturelles et la prépondérance de l’économique. Si des progrès considérables ont été enregistrés, notamment dans les pays riches, grâce à ce système de valeurs, ce modèle connaîtrait désormais un certain essoufflement. Aujourd’hui, la montée en puissance des réseaux, des groupes, des tribus, qu’accompagne et facilite le développement des technologies Internet, la prise de conscience des risques écologiques, l’ouverture sur le monde et dans le même temps la recherche de racines locales, créant ainsi une véritable « glocalisation » des comportements, nous fait passer dans une nouvelle ère, celle de la Postmodernité.

Dès lors, il s’agit, pour les auteurs, de montrer la parfaite adéquation du modèle mutualiste à cette évolution. Ainsi la notion de territoire, fondement de l’économie mutualiste, trouve un nouvel attrait dans ce nouveau monde « glocal ». Il en est de même du concept de proximité, qui trouve un nouveau développement, grâce aux applications imaginées à travers le WEB 2.0 avec, en particulier, les réseaux sociaux, le Peer to Peer et l’Open Money. Ces nouvelles relations sont, somme toute, très mutualistes.

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