La crise est finie ?

Soyons sérieux, c’est la rentrée. Fini les notes humoristiques, parlons de la crise. La crise ? Quelle crise ? Vous voyez bien que la croissance est de retour ! Les marchés boursiers exultent et battent les records annuels. Si leur taux de progression continue à ce rythme, nous retrouverons en moins de 24 mois les plus hauts historiques. D’ailleurs, plus personne ne parle des subprime, des dérivés, ni même de la crise bancaire ou de celle de l’immobilier… Les seuls mots qui comptent sont « reprise » et « croissance ». Finalement, tout le monde aurait eu peur d’une crisette de rien du tout.
Avec 0,3% de croissance du Produit Intérieur Brut sur le second trimestre, après quatre trimestres consécutifs de baisse, la France est sortie de récession. Partout dans le monde, tout va mieux que redouté. Il n’en faut pas plus pour faire flamber les bourses qui chantent le départ de la crise comme le capitaine Haddock celui de la Castafiore devant le grand miroir de Moulinsart. Seulement voilà, elle pourrait elle aussi revenir. D’ailleurs, les économistes comme les gouvernements, entre deux mots rassurants ne manquent pas de rappeler qu’ils n’envisagent pas de sortie de crise définitive avant 2010.
Les incertitudes ne manquent pas. La consommation des ménages résistera-t-elle à l’arrêt des primes à la casse et autres mesures de relance ? Les cours des matières premières vont-ils reprendre leur flambée, les taux d’intérêt long terme augmenter, l’immobilier rechuter ? Les carnets de commandes vont-ils rester déprimés ? Les économistes s’attendent à voir un taux de chômage à 10% en fin de l’année, et un retour de l’inflation après l’été ce qui pèsera sur la consommation. Dans le meilleur des cas, et si tous ces risques sont évités, la stabilisation sera longue, et là-dessus, tout le monde est d’accord. En fait, la principale menace porte sur la détérioration des finances publiques et les gouvernements ont beau promettre de ne pas augmenter les impôts, les citoyens ont bien compris qu’il allait falloir payer.

Warren Buffett, le célèbre milliardaire, résumait les choses ainsi il y a quelques jours dans le New York Times : « On peut se remettre d’une gueule de bois. On peut se remettre d’un mauvais divorce. On peut même se remettre d’un tremblement de terre. Mais une fois qu’une dépression économique commence, on ne peut que la subir jusqu’à ce qu’elle prenne fin. On peut ensuite commencer à reconstruire. On ne retrouvera jamais l’économie d’avant la crise. Il faut trouver un nouveau modèle économique. » Il explique : « L’écroulement a été évité, avec un torrent d’argent fédéral jouant un rôle essentiel dans le sauvetage… Mais, d’énormes doses de médicaments monétaires continuent d’être administrées, et nous allons devoir vivre avec leurs effets secondaires pendant encore longtemps… leur menace pourrait être aussi inquiétante que la crise financière elle-même…»
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On ne peut que rester perplexe et par conséquent prudent devant le grand écart entre ces analyses et l’enthousiasme des marchés financiers. Tout se passe comme si ces derniers anticipaient la reprise, ce qui en soit est logique, mais sans intégrer que le monde n’est plus le même, donc sans intégrer dans leurs projections la prime au bouleversement. Or les économies occidentales sont affaiblies, leurs Etats endettés, et certains secteurs, comme l’automobile, dopés aux potions publiques sans être pourtant adaptés aux marchés de demain.

2 commentaires sur “La crise est finie ?

  1. Ben oui la crise est finie. Mais celle qui est finie, c'est celle de l'arrêt des profits purement spéculatifs. Les prises de bénéfices massives ont prises, les gains faramineux ont repris comme en témoignent les bonus versés. La crise boursière est finie… Les autres crises : qui s'en soucie? Qu'importe aux traders de la PBN provisionnés à 1 milliards que les salariés du réseau de la BNP n'aient pas d'augmentation et redoutent quelque restriction de personnel. 50% en six mois la bourse, allez c'est reparti.C'est cela qu'il faut arrêter. Ne pourrait-on y voir la mission moderne du mutualisme?

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  2. Quels records boursiers sont battus ? Les progressions par rapport au 1er janvier ? sur 12 mois glissants ? Toujours en relatif, jamais en absolu. En dix ans, le CAC a perdu grosso modo 30%, et voilà (et je ne compte pas à composition constante, des dinosaures ont disparu !). Il me semble que les records qui sont battus en ce moment ne le sont que par rapport à des plus bas atteints pour les mauvaises raisons que nous connaissons tous. Ce qui me désole, c'est que les plus agressifs, donc les plus rémunérés sur ces opérations de court terme, étaient responsables des péripéties que nous traversons encore… Donc les seuls records que je retiendrais ce mois ci c'est 9 secondes et 58 centièmes et 19 secondes et 19 centièmes. Merci M.Bolt, j'ai rêvé en vous voyant … et il paraît que ce n'est pas fini ! Je vous souhaite une nuit merveilleuse à tous.

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