La reprise de l'immobilier ?

Il parait que le marché immobilier repart. Je ne l’ai pas vu, je l’ai entendu et je l’ai lu. Normal me direz-vous que les professionnels tentent de conjurer leur mauvaise fortune par des propos optimistes. Normal aussi que les médias les soutiennent, tant il est ancré dans nos esprits qu’il n’est pas de bonheur possible sans augmentation des valeurs. Donc, debout ! Debout la France, on repart ! La crise est finie, terminée, on y retourne ! Mais est-il vraiment possible que «ça reparte», ce qui pour ces prophètes signifie que les prix reprennent le chemin de la hausse et que les transactions s’étoffent «comme au bon vieux temps»? Allons-nous connaître des prix encore plus élevés et un accès encore plus difficile à la propriété? Les chiffres que produit mensuellement Jacques Friggit et publiés sur le site de l’ADEF, nous donnent des éclairages déterminants :
.
– le montant des transactions immobilières a atteint en 2007 plus de 14% du PIB, chiffre qui n’avait jamais dépassé 10% depuis la première mesure en 1830. Cela s’appelle une bulle je crois…
– le rapport de l’indice du prix des logements au revenu disponible par ménage, quasiment constant depuis 1965 (avec des maximas de +20% en 1980 et 1990, et des minimas de -20% en 1985 et 1995) a grimpé en 2007 à +70%. Dans le même temps, le montant total des transactions dépassait de +50% la moyenne de la période.
– contrairement à une idée assez répandue, ces excès immobiliers ont été beaucoup plus forts en Europe et en France qu’aux USA où ce décollement tout aussi exceptionnel n’a pas dépassé 30%.
.
Au regard de ces chiffres, la correction opérée depuis un an apparait bien timide et sans commune mesure avec la chute brutale du montant total des transactions. Celui-ci a retrouvé en quelques mois son niveau d’il y a dix ans. Si les prix suivaient le même chemin, ils baisseraient de 50% ! Tous ces chiffres montrent bien qu’il y a une bulle immobilière à dégonfler, ce que tout le monde comprend bien d’ailleurs mais sans trop le dire pour ne pas «aggraver la situation». En fait, ce qui pourrait «aggraver la situation», c’est justement de laisser les vendeurs penser qu’il n’y pas lieu de baisser leurs prix et de paralyser un peu plus un marché en manque d’acheteurs. Des acheteurs qui ont de plus en plus de raisons de se montrer prudents au regard d’une situation économique qui ne laisse présager rien de bon quant à leurs revenus futurs, et d’un endettement de l’Etat qui laisse entrevoir de nécessaires contributions à venir… l’accueil réservé à l’annonce du grand emprunt est révélateur de ces craintes.
.
Bien sûr, il est toujours possible de réaliser une opération qu’on ne regrettera pas (diversifiez quand même!). Reste que les chiffres sont têtus, que les arbres ne montent pas au ciel, qu’il faut assainir le marché, et qu’une baisse des prix de l’ordre de 30% est probable. L’inconnue n’est d’ailleurs pas là, mais porte plutôt sur le temps que prendra cette correction. Une augmentation des taux d’intérêt accélèrerait la baisse, mais là encore, si on en croit ce que disent les experts et ce qui est écrit sur bien des sites, il n’existe
aucune menace de cette nature…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s