Devoir de comprendre, devoir d’expliquer…

«Rien n’est simple», «Tout se complique», Sempé dixit. C’est vrai. Et c’est au moment où nous avons besoin de répondre à des enjeux de sociétés inédits que s’émoussent notre intérêt pour la connaissance et notre confiance dans les savoirs. Des preuves ? Rareté croissante des grands reportages dans nos journaux. Retraits des sujets de fond dans les programmes TV à l’avantage des jeux et variétés. Multiplication de groupuscules et courants pas trop regardants sur la solidité de leurs lignes directrices. Concentration des critiques sur la rémunération de ceux qui valorisent des compétences intellectuelles, alors que sportifs, artistes, ou même rentiers d’un patrimoine hérité sont moins contestés. Tout cela témoigne assurément d’une société qui prend ses distances par rapport aux sciences et techniques dont les progrès et promesses nous fascinaient pourtant.

L’impression du «tout nous échappe» fait du chemin dans les esprits. Démuni face aux risques environnementaux, impuissant devant les actes terroristes et accidents industriels, surpris par la crise et les fragilités de l’industrie financière, l’homme se sent décidément incapable de maîtriser et même d’influencer son destin. Mais si nos sociétés perdent confiance dans leur patrimoine de savoirs et de techniques, vers quoi, vers qui, vont-elles se tourner ? Si elles tournent le dos aux enseignements de l’histoire, quelles seront leurs nouvelles références ? Et surtout, qu’est-ce qui va dès lors relier les individualités, constituer leur part commune, qu’est-ce qui fera corps ? En se mettant à douter à voix haute, notre société ne prend-elle pas un risque bien plus grand que les dangers au nom desquels elle renonce à espérer ?

Inutile de tenter de préserver en l’état la confiance et le lien social qui va avec. Il s’agit de créer un lien utile aujourd’hui, qui intéresse et concerne l’homme du 21° siècle, exigeant, averti, incrédule. Il y a et il y aura toujours des hommes animés de la volonté de prendre en main leur destin, prêts à donner de leur temps, à entreprendre, à vivre une meilleure citoyenneté. Eux construisent ce lien nouveau et n’ont pas besoin pour cela de structures qui les dominent et pensent pour eux. Ils ont besoin de savoir et comprendre pour agir.

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Banque coopérative, mutualiste, nous en prenons acte en respectant leurs doutes et en cultivant pour eux, dans nos domaines d’action, la transparence et la pédagogie devenues plus que jamais nécessaires. C’est dans ce sens que notre site http://www.lefil.com/ va faire bientôt peau neuve…

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