rencontre avec Emmanuel et Enda Graf

Avant de quitter Dakar mardi, je suis allé saluer mon ami Emmanuel Ndione. Inépuisable « agitateur » (ce mot lui convient mieux que « animateur »), il continue de travailler au développement des groupements de quartiers. Fort de ses savoirs de sociologue mais aussi et surtout de son expérience de terrain, Emmanuel est un acteur majeur du monde associatif. Il s’efforce de faire bien, mais pas seulement, il analyse aussi les changements sociaux. Il a ainsi écrit plusieurs ouvrages sur les formes en grappes des sociétés ou sur le processus expérimental, continu, jamais stable, jamais fini de toute action de développement.

Je l’ai trouvé à Grand YOFF, dans les locaux de l’association ENDA GRAF qu’il a créée et qui n’ont pas tellement changé depuis 10 ans. Ils hébergent toujours les bureaux des coopératives d’épargne et de crédit des femmes, mais sont enrichis maintenant des studios d’une radio locale associative (j’ai même eu le plaisir de dire trois mots dans le poste). Le même vent de folie dans les couloirs, la même façon de tendre des chaises à ceux qui passent, animateurs, coopérants, universitaires, gens du quartier. Au milieu de la cour carrée une arbre pour s’asseoir en rond, avec et autour des fresques murales pédagogiques comme celle que je vous offre ici et qui montre comment ENDA GRAF rassemble des jeunes, des vieux, des clairs et de sombres, des femmes et des hommes, des intellectuels et des manuels autour d’un même projet, l’INTERMONDES.

Ce qui a changé depuis 10 ans, c’est ce quartier de Grand YOFF, toujours sympathique et très animé, mais maintenant bondé de monde. Les rues de Dakar sont devenues trop petites pour absorber l’accroissement de population du à la natalité, à la poursuite de l’exode rural, mais aussi à celle de l’immigration. On ne peut que s’inquiéter de voir ces capitales africaines grossir à vue d’œil, souffrir dans plein d’endroits de problèmes d’assainissement et de vétusté des infrastructures, s’encombrer de toujours plus de sacs plastiques et de déchets, et ce, malgré les efforts réels des pouvoirs publics et des nombreux acteurs associatifs, nationaux ou internationaux. Comment répondre à la force de ce flux humain autrement qu’avec de nouvelles régulations démographiques ? Une question qu’il faudra bien traiter, même si la force de la vie, de la jeunesse, des couleurs et des cris font que Dakar n’arrive pas à perdre son charme et que des associations comme «de l’Eau pour le Sahel» avec qui nous travaillons ou l’Enda Graf d’Emmanuel continuent de rendre la vie vivable.

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