Coopération et mutualité, les fondamentaux (III)

Voici une 3° note sur les fondamentaux de la coopération et du mutualisme. La première rappelait le «un homme, une voix» caractéristique de sociétés de personnes en recherche permanente d’équilibre entre l’intérêt individuel et celui du groupe (l’un par l’autre et pas sans l’autre). Une deuxième note disait que c’est dans la façon de produire et de travailler «autrement», en percevant et en intégrant sans cesse les évolutions et besoins de la société, que les coopératives s’affirmaient, donc dans l’opérationnel et pas uniquement dans leur gouvernance.
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Ces deux dimensions, finalité du développement humain, individuel et collectif, et adaptation permanente au monde en cherchant à lui être utile, exigent des acteurs élus ou salariés une compétence qui dépasse largement la seule technicité. Ils ont besoin d’être armés pour prendre, au-delà du métier et du produit, la mesure des changements de leur environnement, des nouvelles perceptions et attentes sociales. Ils ont besoin d’une formation au monde en plus de celle au métier.
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D’où l’importance majeure de la formation dans les organisations coopératives. Si tout devait disparaître sous les turbulences des marchés, la dureté des temps, l’hégémonie d’un libéralisme excessif, la cupidité des hommes, et que nos organisations ne devaient conserver qu’une seule spécificité pour aborder une longue traversée du désert, alors les vrais coopérateurs garderaient la formation. J’ai été très impressionné par la place que nos amis
de Mondragon, en Pays basque espagnol, accordent sans faillir depuis leur création à la formation. Les fondateurs ont posé dès le premier jour la formation des hommes comme leur vrai objectif, considérant l’organisation coopérative de la production comme un moyen de progrès plus que comme une fin. Ils ont construit un des instituts les plus dynamiques d’Espagne où les sciences humaines et sociales ont une place de choix et complètent les sciences et techniques de l’ingénieur et du technicien.
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Dans une organisation coopérative, la formation des salariés et des élus doit se distinguer par sa densité et son contenu. Mais il y a aussi la formation du public, des adhérents, des sociétaires, des clients. Souvenons-nous du rôle joué il y a 30 ou 40 ans par les grandes coopératives pour former les agriculteurs à l’économie et rappelons-nous les communications pédagogiques qui ont accompagné de tout temps les organisations coopératives. Qu’en est-il aujourd’hui ? Il me semble qu’Internet ouvre des possibilités énormes qu’il est nécessaire de saisir.
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Des jeunes collaborateurs de Pyrénées Gascogne expriment très spontanément avec leurs mots une idée asez proche : parler de nos métiers simplement et utilement avec des outils modernes. Aussi, nous avons décidé de réfléchir à quelquechose qui porte le nom curieux et provisoire «d’Ateloir» : un atelier pédagogique sur le Web pour parler de l’argent, du budget, des comptes, de l’emprunt, de l’épargne… Développer une pédagogie d’écoute et de respect, non pas parce qu’il s’agit d’une vieille tradition des coopératives, mais parce que cela s’impose aujourd’hui comme leur premier devoir.

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