Impasse

Décidément 2008 aura présenté toutes les caractéristiques d’une «annus horribilis». Après l’accélération de la crise financière en septembre-octobre, se métamorphosant rapidement en récession mondiale généralisée, les derniers jours de 2008 ont vu se rouvrir les plaies sanglantes du conflit israélo-palestinien, vieux maintenant de près de soixante ans.

Ce n’est pas le lieu ici de faire une analyse géopolitique de cette guerre, ni encore moins de prétendre démêler les causes et les torts réciproques de cette nouvelle escalade. Cependant, on peut espérer que, vivant dans le berceau du monde islamo-judéo-chrétien, les populations de ces territoires aient vocation et le devoir de vivre en paix, en proximité les unes des autres. Sans prétendre maîtriser la complexité de la situation régionale, ni encore moins détenir des certitudes sur les solutions à mettre en œuvre, quelques convictions peuvent néanmoins être avancées. Au-delà de la nécessaire constitution d’un Etat palestinien libre et indépendant, de l’indispensable préservation de la sécurité de l’Etat d’Israël, il faudra un courage et une détermination hors du commun aux dirigeants pour dépasser les mesures de court terme et imaginer les voies d’une paix durable entre toutes les parties prenantes. Il est évident que le conflit armé engagé ces derniers jours est une impasse pour tout le monde et ne peut, à moyen terme, que renforcer les haines, les égoïsmes et les oppositions religieuses déjà exacerbées par de nombreuses années d’affrontements.

Quel lien, direz-vous, entre ces considérations géopolitiques et les propos habituels sur le mutualisme qui constitue le fil rouge de ce blog ? J’y viens.

En dehors des questions politico-religieuses et de partage des territoires qui sous-tendent ce conflit, un moyen de sortie de crise réside, sans doute, dans la mise en place d’une véritable coopération économique favorisant le développement de l’ensemble de la région et, ce faisant, contribuant à l’élévation du niveau et du confort de vie des populations les moins favorisées. Le maintien, dans un contexte de guerre, de populations dans un état de dénuement économique et de désespoir face à l’avenir ne peut qu’attiser le sentiment d’injustice et favoriser la résurgence du terrorisme.


Un exemple de développement partagé consisterait, dans une région qui souffre de déficit hydrique chronique, à déployer une politique globale de sauvegarde et de partage équitable des ressources en eau. Un projet de cet ordre, envisagé depuis plusieurs années, est à l’étude. Il viserait à alimenter la Mer Morte, en voie d’assèchement, par un canal relié à la Mer Rouge. Grâce à un dénivelé géographique d’environ quatre cents mètres, il fournirait suffisamment d’énergie naturelle pour faire tourner des usines de désalinisation et ainsi fournir de l’eau à toute la région. Ce projet favoriserait une coopération entre hommes d’origine culturelle différente, avec pour objectif le développement économique de leurs territoires et l’amélioration des conditions de vie des populations qui y résident. Il faut espérer, peut-être naïvement, que partageant un intérêt économique commun, porteur d’amélioration pour la vie de tout un chacun, les populations concernées trouveraient moins de motifs d’affrontement. Ce projet est certes complexe et coûteux puisqu’il est estimé à une quinzaine de milliards de dollars, mais est-ce vraiment un problème de financement lorsque l’on rapproche cette somme des centaines de milliards de dollars récemment injectés pour sauver le système financier mondial ou que l’on compare cet investissement aux quelques 17 000 milliards de dollars évaporés dans la chute des marchés boursiers, à travers le monde, au cours de l’année 2008.
Le problème est donc ici davantage une question de volonté de faire que de financements à trouver.

Lors de ses voeux pour l’année 2008, il y a un an, le Président de la République française avait parlé de « politique de civilisation ». Les parties prenantes au conflit qui embrase le Moyen Orient sont au pied du mur pour mettre en application ce beau concept.

Un commentaire sur “Impasse

  1. Il faudra d’abord apaiser les tensions actuelles, avant de mettre en place ce projet,si ambitieux.Il faudra donc d’abord avoir une solution diplomatique. Du côté Israélien, il y a un État, capable de prendre des décisions(quoiqu’il faudra, je pense, attendre la fin des élections qui auront lieu le 10 février), mais du côté palestinien, il n’y a aucune autorité crédible capable actuellement de prendre des mesures de grande envergure.La solution que vous évoquez est un beau projet, qui permettrait si il est bien mis en œuvre (partage réel du projet à tous les niveaux), de créer un intérêt commun et de développer la région.Question coût de financement: effectivement 15 milliards c’est pas grand chose comparé à l’argent mis sur la table pour sauver la planète entière d’un effondrement de l’économie mondiale! Mais en suivant ce raisonnement, on pourrait enrayer la famine, ainsi que de nombreuses maladies. Tout est une question de volonté.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s