Coopération et mutualité, les fondamentaux

J’entreprends une série, vous l’avez compris, en espérant vos réactions, bien entendu… Nous avons déjà sur ce site abordé les dimensions théoriques (Patrick notamment ici, ici, ici ou ) et souvent pratiques (par exemple ici, ici, ou ) des organisations coopératives. Il est sans doute nécessaire de faire ce travail simple et utile de dire en quelques mots ce qui les caractérise.
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Je commence logiquement par rappeler qu’un établissement mutualiste ou coopératif est d’abord une société de personnes. C’est ce que disent leurs statuts, c’est ce qu’ont voulu leurs fondateurs, c’est leur réalité permanente. Des personnes s’associent, producteurs, ouvriers, ou clients, autour d’un projet collectif. Ce projet peut apparaître bien différent à première vue. Les ouvriers qui forment une coopérative de production veulent bénéficier directement du revenu de leur travail sous forme d’intéressement au capital et pas seulement de salaires. Les clients qui se regroupent attendent des services répondant à leurs besoins dans un bon rapport qualité – prix. Les uns travaillent en amont, sur l’offre, les autres en aval, sur la demande. Mais la frontière entre les deux est souvent floue. Ainsi, les coopératives agricoles sont à la fois en amont et en aval puisqu’elles sont à la fois vendeurs d’intrants aux adhérents et acheteurs de leurs récoltes.
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Ce qui réunit toutes ces organisations si différentes, c’est leur projet qui est dans tous les cas de maîtriser une activité au bénéfice de leurs membres, sociétaires ou adhérents. Et la forme juridique de la société comme sa finalité placent toujours le développement humain en finalité. C’est le fameux « un homme, une voix » qui donne pour unité de mesure et de décision l’individu, quelqu’en soit l’âge, le sexe, l’origine ou la fortune. C’est parce que leur projet est humain que ces organisations ont pour caractéristique commune leur adhérence aux territoires. A travers leurs adhérents, elles sont attachées à une collectivité, et c’est elle qu’elles servent, qu’elles nourrissent, qu’elles structurent même parfois. Les deux pôles de construction sont donc toujours l’individu et le groupe, la personne et la communauté, l’un et l’autre se développant et progressant ensemble. Et chaque coopérative, chaque mutuelle gère cet équilibre entre l’intérêt de chaque individu et celui des individus ensemble.
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Certains diront qu’on ne trouve pas toujours ces références dans l’action des groupes coopératifs. Personne ne peut nier pourtant qu’elles sont omniprésentes dans leurs actes et dans leurs pratiques, à commencer par le fonctionnement même de leurs instances de concertation et de décision.
C’est ce premier fondement qui fait toute la différence avec une société par action, société de capitaux, dont la finalité est la valorisation des parts des apporteurs et le versement de dividendes. Là, l’actionnaire n’est concerné personnellement ni par l’activité de production, ni par le service rendu, ni par le territoire, mais seulement par la rentabilité financière de l’entreprise.

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