Un "nuage" mutualiste ?

Il y a quelques mois je publiais, sur ce blog, un billet intitulé «Le WEB 2.0 est-il mutualiste?», où je tentais un parallèle entre les caractéristiques du WEB 2.0, avec notamment, sa dimension collaborative, et les valeurs de partage et de mise en commun des ressources des entreprises coopératives.

Ce sujet redevient d’actualité. En effet, MICROSOFT vient de lancer un nouveau «package logiciel», intitulé WINDOWS AZURE. Il ne s’agit pas d’une énième version de son célèbre système d’exploitation mais d’un ensemble d’outils destinés à permettre un travail «en ligne» à partir d’applicatifs et de fichiers de données entièrement localisés sur le WEB. Ce virage stratégique de MICROSOFT est fondamental car il montre que la firme de SEATTLE a compris, sous peine de mort annoncée, que son modèle, fondé sur la vente de logiciels fermés et captifs du poste de travail, était révolu et que l’avenir était dans une localisation du «software» utilisateur, notamment des outils bureautique, directement sur le WEB, lieu où seront également localisés les fichiers de données personnelles des utilisateurs. Ce concept d’informatique totalement décentralisée sur le réseau INTERNET, porte un nom : le «CLOUD COMPUTING», un nuage où chaque «gouttelette» est l’élément d’un ensemble où tout est relié à tout. C’est sur ce modèle que GOOGLE fonde son développement. Les principes fondateurs en sont la gratuité de la mise à disposition d’outils et d’espaces mémoires. 99% du chiffre d’affaires de GOOGLE sont constitués de recettes publicitaires grâce à la puissance de ses moteurs générateurs de publicité contextuelle.
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La difficulté pour MICROSOFT est d’agir en challenger, à la poursuite d’une réduction de son retard technologique. Son succès, ou son échec, dépendra de sa capacité à muter rapidement et surtout à développer suffisamment d’innovation pour dépasser les services proposés par GOOGLE. A ce stade, le challenge semble très difficile à relever même si MICROSOFT dispose du plus gros budget de R&D de toutes les entreprises privées à travers le monde.
Pendant ce temps, GOOGLE, avec sa cinquantaine de centres de données, répartis autour de la planète, et ses quelques 900.000 serveurs interconnectés, chiffres approximatifs car soigneusement tenus secrets par la firme de MOUNTAIN VIEW, continue à aspirer le WEB dans ces serveurs au fur et à mesure que ses moteurs d’indexation passent en revue tous les sites existants. Il peut ainsi répondre instantanément à des dizaines de millions de requêtes simultanées. Captant d’ores et déjà 40% des dépenses de communication sur INTERNET, GOOGLE est en train de devenir le WEB à lui tout seul.
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Cette technologie de «CLOUD COMPUTING» offre plusieurs avantages. Tout d’abord, elle permet à chaque utilisateur, depuis n’importe quel endroit dans le monde, et à partir de n’importe quel terminal de se connecter à son bureau virtuel pour accéder à l’ensemble de ses données personnelles. Ensuite, elle permet de mutualiser la puissance de calcul des ordinateurs en réseau et donc de s’affranchir de la puissance de son propre PC. Enfin, pour les entreprises, c’est un moyen d’externaliser leur gestion informatique et d’en réduire sensiblement les coûts.
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Beaucoup objecteront, en y voyant un danger, que GOOGLE est en train de devenir «maître du monde» en maîtrisant dans ses bases de données toute la connaissance humaine et, bien sûr, des interrogations naissent sur la confidentialité des données confiées à ces « fermes » de serveurs. C’est sans doute un mauvais procès à faire à GOOGLE, puisque tout ordinateur connecté au WEB peut, d’ores et déjà, être « visité » à distance.
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Avec un brin d’optimisme, observons plutôt qu’une véritable révolution «mutualiste» est en train de transformer l’informatique. Le première «vague» de cette révolution s’est matérialisée par la diffusion de logiciels «libres» ou encore «OPEN SOURCE» dont la figure emblématique est le système d’exploitation LINUX, adopté désormais par de nombreuses entreprises et administrations. La deuxième «vague» est représentée par tous les développements collaboratifs du WEB 2.0. Il est probable que la troisième «vague» est en train d’arriver avec le «CLOUD COMPUTING».

2 commentaires sur “Un "nuage" mutualiste ?

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