Le banquier ne veut plus prêter ?

Les banques continuent d’alimenter les chroniques. A la peur des défaillances succède la critique contre les banquiers « qui ne veulent plus prêter ». Ce reproche revient systématiquement en période de crise économique, simplement parce que lorsque l’activité ralentit, les banques prennent davantage en compte le risque dans l’analyse des projets. Elles sont amenées à refuser plus souvent et à assortir les accords de prêts de conditions supplémentaires.
.
Cet acte professionnel, qui intègre un risque accru de défaillance, protège le banquier, certes, mais aussi et surtout l’investisseur. Il faut en effet dire et répéter qu’une banque est une entreprise parmi les autres, et que, comme les autres, elle cherche à développer au maximum son activité, donc celle de crédit, dans la limite du risque supportable. Alors, quand elle dit « non », il faut entendre qu’elle pense que les conditions de réussite du projet ne sont pas réunies.
.
Comme toujours, quand la « frilosité » des banques est dénoncée, on trouve des témoins : le refus de crédit expliquerait la défaillance de leur société ou l’échec de leur projet immobilier. De fil en aiguille, on se met à considérer que la crise bancaire entraînerait la crise économique et on fait des banques les responsables de tous les malheurs. Faut-il rappeler que bien avant la crise bancaire, on parlait de pouvoir d’achat, de baisse de la consommation, de baisse de chiffre d’affaire dans la distribution, de retournement du marché immobilier ? Faut-il rappeler que c’est le retournement brutal du marché immobilier américain qui a provoqué les défaillances bancaires et pas le contraire ? Doit-on encore expliquer que les banques ont besoin de prêter, qu’elles en ont envie, qu’elles le peuvent, et qu’elles cherchent des projets à financer ?
.
Comment peut-on dénoncer les méthodes de crédit irresponsables déployées aux USA et demander dans le même temps aux banques françaises d’ouvrir largement les vannes du crédit pour atténuer la crise économique ? Autrement dit, de faire justement ce qu’il ne faut plus faire ?
.
La gravité de la crise économique qui s’annonce ajoutée à l’ampleur du plan de sauvegarde du secteur financier qui fait naître des exigences légitimes vis-à-vis des banques, va intensifier les reproches de frilosité qui sont faits habituellement aux banquiers. Il ne s’agit pas pour nous de nous justifier, mais d’expliquer, et encore expliquer… et de faire notre travail selon les règles de la profession qui font que le crédit n’est décidément pas un produit comme un autre.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s