Les banques et la crise

La secousse provoquée par la chute de grandes banques d’affaires aux USA puis en Europe a créé une légitime émotion. Et voilà que nous recevons depuis ces évènements d’étranges cris d’alerte. On nous dit que les banques seraient proches de la faillite et fermeraient précipitamment les robinets du crédit, privant ainsi l’économie de son carburant. Les familles et les entreprises ne pourraient plus consommer ni entreprendre faute des financements nécessaires pour réaliser leurs projets. Bref, ce sont les banques qui feraient la crise. C’est faux. Pourquoi ?
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1/ La récession que nous constatons a commencé bien avant les faillites bancaires, par la crise immobilière qui a touché les USA, la Grande Bretagne, l’Espagne puis la France, et par l’envolée des prix des matières premières. Autrement dit, même si le secteur bancaire allait très bien, l’économie elle serait aujourd’hui malade.
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2/ Les banques qui ont failli sont des banques d’investissement, engagées sur les marchés de capitaux internationaux, dont celui des produits «toxiques». Les banques commerciales, comme Pyrénées Gascogne, qui ont pour métier la collecte le crédit entre leurs clients, particuliers et entreprises, n’ont pas acheté ces produits. Les banques dont l’essentiel de l’activité est la banque de détail (c’est le cas du Crédit agricole) sont bien plus solides et résistantes que les banques d’investissement.
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3/ S’agissant de Pyrénées Gascogne, nous disposons de toutes les capacités pour financer nos clients et répondre à leurs besoins. Nous prêtons moins depuis quelques mois, c’est vrai, mais ce n’est pas notre volonté. La réalité économique, la baisse des transactions et des prix dans l’immobilier notamment, nous oblige simplement à être plus sélectifs dans les financements. Devrions-nous prêter sans discernement comme l’ont fait les banques américaines ?
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Cette agitation politico-médiatique autour du risque de défaillance des banques, outre le fait qu’elle inquiète exagérément la clientèle la plus faible, qu’elle perturbe le bon fonctionnement des agences et pèse sur leur personnel, est totalement contre-productive. Par la défiance qu’elle engendre, elle pèse sur la croissance qui n’en a pas vraiment besoin. En période de dépression économique, la tentation de travestir l’information est forte, et la démocratie fragile. Plus encore qu’en d’autres temps, nous avons besoin de vérité et d’explications.

2 commentaires sur “Les banques et la crise

  1. Copie d’un article qui passe actuellement :Kerpointdevue a écrit le 16/10/2008 à 15:32 :Crise Financière : les banques mutualistes donnent des leçons. Les grandes banques mutualistes européennes prennent des accords d?échange. Elles se positionnent en donneuses de leçons. Facile pour elles, après tous les privilèges dont elles ont bénéficié ? Elles ont bâti des empires colossaux et nébuleux sur la base de ces privilèges : 1 – Privilège lié au statut de coopérative mutualiste, fédéral et très séduisant, à une époque où les banques d?affaires faisaient leur loi sans s?intéresser aux « petits » épargnants. Clients oubliés, dociles, peu exigeants, souvent ruraux. 2 – Privilège fiscal (elles n?ont pas payé d?impôt sur les sociétés pendant des lustres), leur développement a été boosté par le contribuable. 3 – Privilège lié à une longue obligation (disparue aujourd?hui) de souscription de parts sociales imposée aux clients, génératrice de fonds propres impressionnants. Des titres de « propriété illusoire » mal rémunérés et parfois jamais remboursés. 4 – Une motivation sans faille de leurs salariés, entretenue à coups de fausses convivialités, rendues faciles par leur statut de base. 5 ? Des privatisations super orchestrées, des ventes d?actions faciles, tant auprès de leurs clients, de leurs administrateurs et même de leurs salariés. Certaines d?entre elles ont même poussé l?hypocrisie jusqu?à proposer un prêt à ceux-ci pour qu?ils achètent (bien sûr, à prix préférentiel !), des actions qui ont perdu 50 % de leur valeur aujourd?hui. Certes, la crise économique est bien réelle, les acteurs financiers et politiques doivent tout mettre en ?uvre pour rétablir une situation saine. Mais ne soyons pas dupes : la banque qui vous donne des leçons achète ses propres actions le jour où le cours est bas pour les revendre le lendemain à un prix plus fort. Elle spolie une seconde fois ses sociétaires, ses salariés, ses clients actionnaires ? Mr Sarkozy se bat comme un petit bougre, des effets médiatiques à tout va, mais je ne veux surtout pas qu?il nous donne la marche à suivre : les patrons de multinationales doivent passer à la caisse, le petit salarié aussi : qu?en est-il de son propre budget ? Comment compte-t-il gérer, demain, l?entreprise qu?il dirige aujourd?hui avec un tel non sens ? Les grands acteurs qui dirigent le monde ne sont que de passage et se remplissent les poches avant leur départ. Les salariés, les artisans, les commerçants et tous les autres essaient de continuer à tout simplement travailler pour bouffer. Et, eux, lorsqu?ils se trompent de jugement, ils perdent souvent tout. Pas de comptes paradisiaques, mais une honnêteté sans faille pour la plupart ! Les Templiers ont créé l?arnaque légale, les banquiers s?y sont engouffrés, les mutualistes en tous genres on agrandi la brèche à coup de tractopelle !

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  2. Voilà… et sans doute est-il possible d’en ajouter encore un mètre cinquante ? Faut-il répondre à chaque argument? Les réponses ont été données une à une au cours des notes de ce blog. Quand il n’y avait pas de fiscalité, je crois me rappeler que la Caisse Nationale était établissement public, et que ses bénéfices étaient régulièrement préhemptés par l’Etat. Savez-vous que les parts sociales « génératrices de fonds propres impréssionnants » représentent hélas moins de 10% des fameux fonds propres? Et serait-il si gênant que la convivialité soit une réalité ? Et si on construisait au lieu de démolir ?

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