L'origine du Monde

Ouf ! Rassurez-vous, je n’ai pas illustré le titre de ce billet par la célèbre toile de Gustave Courbet. Il s’agit simplement d’évoquer un curieux télescopage de l’actualité de la semaine écoulée : d’une part, le lancement du LHC, le plus puissant accélérateur de particules jamais construit, d’autre part, la visite de Benoît XVI en France.

Quel rapport, direz-vous, entre ces deux évènements ?

Ces deux faits d’actualités illustrent tous les deux le besoin de l’homme de comprendre son origine et donc son destin. Ce faisant, il s’agit aussi d’une quête de repères et de valeurs.

En explorant l’infiniment petit, les physiciens cherchent à comprendre l’infiniment grand. Outre la démonstration de l’existence d’un certain « boson de Higgs » qui permettrait de valider le modèle standard de la physique des particules, un champ immense d’explorations s’ouvre devant nous. Quelle est la nature du vide ? Pourquoi l’antimatière a-t-elle pratiquement disparu de notre Univers ? Quelles particules composent les 95% de la masse cachée de l’Univers ? Au-delà, il s’agit, peut-être, de percer le mur du temps 0, l’avant big-bang, et de concevoir une nouvelle physique réconciliant théorie de la relativité et mécanique quantique.
Bref, une recherche, par la voie scientifique, de l’origine du Monde et, par conséquent, de son avenir.

La visite du pape et la ferveur de la foule qui accompagne chacun de ses déplacements montre également, à quel point, beaucoup d’entre nous sont en quête de sens et de valeurs que l’Eglise semble leur apporter, par la voie théologique. André Malraux avait eu, à cet égard, des propos visionnaires en prononçant ces mots : « Le XXIème siècle sera mystique ou ne sera pas. »

Cette recherche de sens et de valeurs transparaît également dans le succès grandissant des ouvrages philosophiques auprès d’un public de plus en plus large.
Les causes de cette recherche de repères sont connues. Le Monde s’est complexifié et certaines idéologies ont vacillé : la chute progressive des régimes politiques se réclamant du marxisme ont pu faire croire, selon certains, à la fin de l’Histoire. En réalité, si la victoire du libéralisme, sur fond de globalisation, a favorisé une extraordinaire croissance économique, elle ne s’est pas accompagnée du développement de puissantes valeurs morales pouvant servir de boussole, dans un monde ballotté entre mercantilisme exacerbé, dictature du relativisme et montée des fanatismes.

Un Monde, hésitant entre barbarie et civilisation, a donc plus que jamais besoin de valeurs et de sens qui permettent, espérons-le, de développer un humanisme à la fois exigeant sur les principes d’un développement humain, tolérant à l’égard des autres et soucieux d’un progrès durable de l’activité humaine pour bien préparer l’avenir des générations futures. Notons, qu’il s’agit, somme toute, de quelque chose qui ressemble aux fondements du mutualisme.
L’Histoire n’a pas dit son dernier mot.

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