La banque à papa fait de la résistance

Il y a deux sortes de banquiers. Le premier, le vôtre, qui s’occupe de vos affaires, que vous rencontrez dans votre agence, que vous croisez aussi parfois à l’occasion d’une réunion de parents d’élèves ou dans une allée de supermarché. Et l’autre, celui que vous ne rencontrez pas, qui travaille dans une tour, et pour qui le marché est une collection de graphiques capricieux qui ne dorment jamais. Le premier est dans le détail, il brasse des milliers d’Euros. Le second est dans le gros, manipule des milliards, et a pris l’habitude de regarder d’assez haut celui qui fait de «la banque à papa»…
.
La «banque à papa» s’emploie à collecter l’argent de ceux qui veulent épargner pour le prêter à ceux qui souhaitent investir. Un métier bien simple. Enfin, presque… Car les clients ne s’accommodent pas tous des mêmes solutions, les épargnants n’acceptent pas tous d’attendre que les emprunteurs aient remboursé leurs crédits pour récupérer leur épargne, et les emprunteurs n’ont pas tous capacité à tenir leurs engagements… Aussi, la «banque à papa» ne fonctionne bien qu’avec des équipes commerciales compétentes, un système informatique sophistiqué, et des savoir-faire «pointus» en analyse et en gestion financière notamment.
.
Voilà que ce métier traditionnel, jugé rustique, revient sur le devant de la scène et fait l’objet de toutes les attentions des états-majors et des analystes. En ces temps difficiles, la banque de détail redonne des couleurs aux résultats des groupes affectés par la crise des marchés financiers. Sa rentabilité est modeste mais récurrente. Aussi, et même si le débat n’est pas clos entre les tenants des modèles bancaires diversifiés et spécialisés, il est certain que la «banque à papa» joue un rôle sécurisant et amortit les effets des retournements de cycles.
.
Mais les grandes vertus de la «banque à papa» dépassent ces seules considérations financières. Elle conserve dans son bilan l’épargne et les crédits ce qui pourrait se révéler très moderne, puisque cela oblige le prêteur à rester responsable jusqu’au remboursement complet des prêts ; or, la crise actuelle vient en grande partie d’une pratique américaine qui accepte que le prêteur cède tout son portefeuille de crédit à un tiers. Elle s’oblige aussi à financer au maximum les crédits avec l’épargne collectée ; or, on voit que la distribution de crédits bien au-delà de la capacité d’épargne d’un pays provoque une bulle d’endettement dont on sait aujourd’hui combien elle peut être néfaste…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s