Hyperinformation et intelligence collective

Le monde de l’information et de la connaissance s’enrichit chaque jour un peu plus sous l’effet de l’expansion continue d’Internet. Ses derniers développements constituent un véritable prolongement de l’esprit humain et en accroît les potentialités.
Avec l’émergence du numérique, du virtuel et des réseaux électroniques, le concept d’information a radicalement changé de nature. La métamorphose de l’information en « hyperinformation » implique une autre manière de voir, de prendre conscience du réel et de saisir l’univers. L’information classique est caractérisée par un système binaire, la plupart du temps à sens unique, où le message est transmis par un émetteur vers un ou plusieurs récepteurs. Dans le monde de « l’hyperinformation », les messages sont transformés par une multitude d’ajustements entre émetteurs et récepteurs, chaque acteur jouant à la fois les rôles d’émetteur et de récepteur pour un enrichissement continu du message transmis. Concrètement, sur le WEB, l’interconnexion des ordinateurs devient ainsi un support potentiel d’intelligence collective. Cette évolution nous conduit progressivement à la fusion de tous les textes en un seul « hypertexte », à la réunion des tous les auteurs en un seul auteur collectif, multiple et contradictoire. De là, émerge une mémoire unique, voire une conscience unique, en quelque sorte un « cerveau global ». Dans le monde de « l’hyperinformation », les collectivités humaines et les individus interagissent en fonction des flux d’informations qu’ils produisent. L’ »hyperinformation » acquiert sa propre dynamique et constitue un processus autonome qui tend à échapper à la maîtrise des hommes.
Internet est sans doute la préfiguration, encore très simplifiée, du cerveau global qui est en train de se former sous nos yeux. Le WEB est nourri d’informations produites par des individus qui ne se connaissent pas entre eux. La caractéristique principale de celles-ci n’est pas leur localisation mais leur puissance associative : les liens hypertextes connectent les informations entre elles, à la manière des synapses connectant les neurones dans le cerveau. Le WEB n’est pas seulement une immense mémoire, il s’agit aussi d’un système « apprenant » dont le contenu se structure en fonction des comportements de ses utilisateurs. Il s’agit désormais d’un « organisme » configuré comme un réseau coopératif vivant.
De tout ceci émerge une intelligence distribuée partout, valorisée sans cesse et mise en commun à tout instant, bref, une intelligence collective. On dira sans doute que l’intelligence collective existe depuis que l’homme vit en société. En effet, partager du savoir n’est pas en soi quelque chose de nouveau, ce qui l’est en revanche, c’est le partage dune confiance virtuelle. Ce mécanisme contractuel informel est le moteur du développement de la coopération sur le réseau. C’est aussi le facteur déterminant de l’essor d’une intelligence collective.

3 commentaires sur “Hyperinformation et intelligence collective

  1. Bravo pour ce billet très clair, on peut aussi se référer à Pierre Levy (Un résumé un peu détaillé ici http://membres.lycos.fr/natvidal/levy.htm ) Si l’on file la métaphore, nos synapses ont besoins de cellules gliales ou neuroglie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Neuroglie) pour réguler les signaux (Faire du tri dans les infos, les regrouper, les présenter). J’ai toutefois l’impression que nous agissons comme des termites. Chacun d’entre nous creuse son petit bout de galerie et la connecte à ses « voisins », en échangeant des petits bouts d’informations. Seuls quelques uns ont une vision d’ensemble de la termitière. Un dernier point, si la confiance dans le système du gagnant-gagnant (1 + 1 > 2) est primordiale, la gestion de la dynamique de groupe est très importante. Vous avez apparemment de bonnes recettes et je suis avec intérêt les développements « in world » du CAPG. Bonne continuation,Enzooo Sellers

    J'aime

  2. Ce serait gentil de mettre des guillemets dans votre texte et citer vos sources, notamment le livre de Gérard Ayache, « Homo sapiens 2.0, introduction à une histoire naturelle de l’hyperinformation » (Max Milo 2008). Voir aussi le site infometrie.net qui en donne des extraits.

    J'aime

  3. En l’absence de l’auteur, qui prend un repos bien mérité, je précise que l’ouvrage cité par l’internaute ci-dessus et le site qui en parle apportent des éclairages très interessants. Je me réjouis que Patrick puise dans de bonnes lectures, et sache si bien construire sa synthèse personnelle. Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, voici le lien du site mentionné : http://www.infometrie.net/

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s