Crise et opportunités

Les temps de crise nous font éprouver nos valeurs communes, nos ambitions individuelles et collectives, la cohésion et l’efficacité de nos organisations. C’est vrai de tout groupe humain, les crises mettent à jour les forces et les faiblesses comme les fractures et les peurs. Peut-on faire de ces moments de vérité des moments d’investissement, de préparation de l’avenir ?

Les observateurs de la vie des entreprises nous disent que celles qui fonctionnent en mode coopératif, qui mobilisent bien l’intelligence collective et l’apprentissage en équipe, y parviennent mieux que les autres. Elles ne mettent pas toute leur confiance dans les chiffres, dans la seule performance financière et la réussite individuelle, et cherchent plutôt avec leurs hommes et leurs compétences les meilleures solutions. Grâce à cela, elles s’adapteraient plus vite et mieux.

Seulement voilà, nous savons (Merci Cyrulnik) que notre cerveau reptilien nous pousse à préférer les réponses brutales aux solutions ajustées et efficaces. C’est particulièrement vrai quand les vents sont contraires alors que c’est justement là que nous avons le plus besoin de créativité, et de mobilisation des intelligences. Plus les nuages sont épais, les nouvelles mauvaises, plus on a besoin de penser le soleil ! Et si nous ne choisissons pas d’entrer en crise, nous pouvons choisir de nous préparer à en bien sortir…

En écrivant ces lignes, je pense bien sûr aux dégâts causés par la crise des «subprime» qui vont obliger les banques à renforcer leurs fonds propres et à rééquilibrer leurs métiers. Le Crédit agricole a lancé cette opération dans un marché agité avec la ferme intention de sortir fort de cette tourmente. Je pense aussi à la situation économique qui pèse sur le pouvoir d’achat et le patrimoine de chacun et ne peut que générer les réticences à investir, à s’engager. Il faut alors se rappeler que si de bruyantes euphories nous empêchent souvent d’anticiper et donc de prévenir les crises, le pessimisme et les peurs collectives, pas plus discrets, nous empêchent tout autant d’anticiper et donc de préparer leur sortie.

Il paraît que le mot de «crise» se transcrirait en chinois par ??, une expression qui associe l’idéogramme du danger ? et celui la chance ?. Je sais que certains y lisent «la forte chance de rencontrer des dangers». Mais d’autres comprennent que «toute crise a sa part d’opportunité». Je préfère cette traduction !

Un commentaire sur “Crise et opportunités

  1. Je partage ton point de vue, sur les opportunités que présentent les crises.Un grand changement qui nous met le dos au mur oblige à regarder les choses différemment, dans un réflexe de survie. En général, changer sa façon de regarder un problème donne un véritable élan de créativité et est le premier pas vers une solution nouvelle que personne n’avait envisagé avant.La crise amenant une certaine vague de stress, c’est également un terreau plus fertile pour accepter un changement fort qu’amène les idées innovantes.Par exemple, le coût croissant des énergies fossiles et la volonté de plus en plus générale de réduire les émissions de CO2 devrait doper les projets de e-Learning. De toute façon, nous ne pourrons bientôt plus nous déplacer comme avant dans des conditions économiques et environnementales acceptables…

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s