Vivre avec la rareté

De tous temps et sous tous les cieux, quand les hommes rencontrent des difficultés, ils ont la fâcheuse habitude de trouver des explications simples et les coupables qui vont avec… Cette attitude présente deux avantages majeurs : le premier est qu’elle dispense de chercher plus loin les origines des problèmes et donc de réfléchir, ce qui est toujours fatigant ; La deuxième est qu’elle permet de préserver sa bonne conscience, les responsables ayant été montrés du doigt, personne ne viendra les chercher à la maison.
.
Les crises actuelles offrent quelques belles illustrations de ces réflexes ancestraux. La crise financière, celle de l’énergie, celle des matières premières, auraient pour cause la spéculation et pour coupables les spéculateurs. Cette vision oublie que si les marchés boudent brutalement les crédits hypothécaires pour se disputer fiévreusement les barils de pétrole ou les stocks de céréales, c’est qu’ils amplifient les évolutions actuelles et probables des «sous-jacents». Car derrière chaque opération à terme, chaque achat ou vente futurs, il y a la dure réalité de la matière et de ses échanges. Ainsi, il n’y aurait pas de crise des «subprime» si l’immobilier américain ne s’était pas effondré, pas d’explosion des prix du pétrole et du blé si ces produits ne se faisaient pas rares face à une demande en progression.
.
Un cyclone en Amérique ou un conflit au Moyen Orient suffiraient à porter le prix du carburant à un niveau insupportable pour nos économies. Ces risques existent. Je constate que beaucoup décrivent abondamment ces perspectives immédiates : les journaux soulignent le risque inflationniste, les bourses réagissent à la moindre évolution des cours, et le prix du pétrole est entré dans le rituel radiophonique quotidien. Cette effervescence à court-terme ne nous incite pas à prendre la mesure de la nouvelle donne qui s’installe sur la durée : vivre avec la rareté de l’alimentaire et de l’énergie. Le grand mérite du billet de Patrick Faivre (ci-dessous) est justement de regarder un peu plus loin que ces inconvénients immédiats…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s