Le temps des ajustements

Après les excès, les ruptures puis les ajustements pour un nouvel équilibre. C’est sans doute ce qui va caractériser les temps qui viennent. Ces ajustements ne se feront pas sans dégâts ni sans crises, un peu à l’image de la tectonique des plaques qui retrouve son équilibre après les tremblements de terre, ruptures nécessaires pour évacuer le trop plein de pressions accumulées.

Les excès de la finance ont conduit à la rupture que l’on connaît. Les ajustements qui vont suivre se traduiront par une remise en cause des modèles mathématiques qui n’ont pas suffisamment intégré les risques systémiques des marchés. Ils vont aussi conduire à un « down-sizing » des activités de marché pour certains acteurs, voire carrément à l’abandon de certains métiers ou de certaines implantations. Enfin de nouveaux dispositifs de contrôles et de nouvelles règles prudentielles verront sans doute le jour.

Dans un autre domaine, la folle envolée des cours du pétrole, des prix des matières premières et des produits agricoles ne peut que conduire également à des ruptures et à des ajustements que l’on peut souhaiter salutaires pour le bien-être de l’humanité. Il faudra bien, en effet, trouver des solutions équitables pour les neuf milliards d’individus qui vivront bientôt à la surface de la terre.
Ces ruptures, qu’il faut espérer pacifiques, conduiront sans doute à pousser les feux de la recherche pour mettre au point des solutions largement plus efficaces au plan énergétique mais également plus performantes dans le domaine de la production agroalimentaire.

On peut penser que ces ruptures favoriseront l’émergence d’une économie numérique prépondérante et facteur premier de la croissance économique des pays qui sauront y investir. Il a été observé que plus un pays est ouvert aux technologies de l’information et de la communication, plus son PIB par habitant est élevé. D’ores et déjà, on estime à 13% la part de l’économie numérique dans le PIB des Etats-Unis, deux fois plus que celle de la France qui affiche un taux de 6%.

Enfin l’uniformisation progressive des modes de vie conduira les populations des pays émergents à voir leur revenu croître et, par conséquent, les écarts de coûts de production entre pays industrialisés et pays émergents se réduiront. La manifestation récente des employés roumains des usines DACIA, fabriquant la LOGAN, en est un signe avant-coureur.

Des bouleversements importants pointent à l’horizon. Ils paraissent inéluctables tant sont grands les déséquilibres de tous ordres. Ils secoueront la planète entière, ils sont aussi porteurs d’espoirs d’un monde plus soucieux de développement durable pour l’homme et son environnement. Sur un ton un peu cynique, on pourrait dire : « Vous avez aimé les « subprimes », vous allez adorer les prochaines crises ».

2 commentaires sur “Le temps des ajustements

  1. Des ruptures auront lieu, c’est certain, mais pourront-elles être pacifiques? Car les bouleversements climatiques en cours, quelles que soient leurs causes, sont bien réels et leur accentuation va entraîner des populations de plus en plus nombreuses et de plus en plus pauvres à rechercher ailleurs le minimum vital (au nord pour schématiser). Qu’a à perdre quelqu’un qui n’a deja rien, qui ne peut plus assurer sa subsistance, et qui sait que là-bas il y a du travail et de la nourriture? Et quand ce quelqu’un est des dizaines de millons d’individus….Quand à « la folle envolée des cours du pétrole », qui elle aussi est bien réélle, elle a une conséquence que je n’arrive pas à comprendre: l’augmentation du litre d’essence. En 2000, le baril de brut vaut 60$, le dollar vaut 1,20€, ce qui faisait le baril à 72€ en 2000. Le baril vient de passer les 110$, le dollar vaut 0,64€ ce qui fait le baril à 70,40€ en 2008, soit une légère baisse du baril en zone Euro. Or, le prix moyen du litre de carburant est passé de 0,82€ en 2000 à 1,28 en 2008 soit plus de 50% de hausse. Ou bien les mathématiques nous jouent un tour, ou bien il y a un truc dans le baril.

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  2. Merci pour ce commentaire. Je partage que les pays industrialisés ont un réel devoir d’aide, par l’instruction, l’investissement, l’apport de technologies dans les pays les plus pauvres pour que les populations concernées puissent vivre décemment près de leurs racines.S’agissant du prix du litre d’essence, au delà de la parité €/$, d’autres facteurs sont à prendre en compte, comme, par exemple, l’inflation cumulée en zone euro entre 2000 et 2008 ainsi que l’augmentation des coûts de raffinage liée à une capacité productive insuffisante face à l’accroissement de la demande.

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