Mille tonnerres

Bien sûr, le pire n’est jamais certain. Mais la mauvaise pente sur laquelle se trouve désormais l’économie mondiale semble difficile à inverser, du moins à court terme. Les chiffres se suivent et hélas se ressemblent : confiance des consommateurs, créations d’emploi, marché de l’immobilier, donnent tous, outre-atlantique, des signes d’essoufflement.

On a tout entendu ces derniers mois. Que la crise financière sur les crédits américains n’aurait pas obligatoirement de répercussion sur le reste de l’économie (!). Puis, que même si les Etats-Unis entraient en récession, le reste du monde n’en souffrirait pas forcément (!!)… Le fait est que la gravité de la crise économique que nous vivons a mis curieusement des mois – au moins six – pour entraîner un début de prise de conscience. Cela ressemble au bruit du tonnerre qui n’arrive à nos oreilles que longtemps après l’éclair, éclair que nous ne percevons lui-même que plusieurs secondes après que la foudre ait frappé…

John Thain, le nouveau patron de Merill Lynch, appelé au secours de la banque mise à mal par la crise des «subprimes», ne mâche pas ses mots : « Nous avons connu une longue période de taux d’intérêts bas qui a engendré un excès de crédit »… »La crise n’est pas terminée, elle s’étend aux crédits automobiles et aux crédits commerciaux, elle continue de se propager. Les défauts de paiement augmentent. »… »Ce n’est plus seulement une crise du crédit, c’est une crise de confiance. » Des propos qui datent de la semaine dernière (Le Figaro de samedi)…

D’un naturel optimiste, je vois assez facilement le bien quand la plupart doutent, et pas toujours le mal quand il les aveugle. C’est un penchant qui m’a plutôt servi dans la vie. S’il m’a fait souvent passer pour naïf, j’ai le sentiment, avec le recul, que les faits m’ont le plus souvent donné raison. Eh bien aujourd’hui, je ne comprends pas comment les pessimistes que je côtoie depuis des années peuvent faire preuve sur ce coup d’autant de légèreté, voire d’inconscience. Ce doit être que je vieillis !

2 commentaires sur “Mille tonnerres

  1. Regarder avec un oeil naîf c’est peut être tout simplement se donner l’occasion de ne pas accepter à tout prix un cadre figé. C’est aussi se donner l’opportunité d’analyser la situation telle qu’elle se présente à nous, sans entrer dans le tourbillon complexe et confus des interprétations des autres.. C’est peut être tout simplement la liberté de penser …

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  2. Ces pessimistes ont tout simplement oublié les idées fondamentales de l’économie ; l’interdépendance, l’équilibre général (ce qui se passe dans une partie se répercute dans le reste), les équilibres comptables.Il n’existe pas d’évènement économique « isolé », pourtant ils se raccrochent à la fiction d’une ligne Maginot aussi large que l’océan Atlantique.Leur bien être inconscient nous permet au moins de tempérer les grises mines qui, je vous le concède, nous font vieillir bien trop vite.

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