Tendances

Cette période de transition d’une année à l’autre appelle à s’interroger sur les tendances de fond qui vont impacter l’actualité du monde au cours des prochaines années. Qu’observons-nous aujourd’hui ?

Au plan géopolitique, nous dansons sur le volcan-poudrière du proche et du moyen orient. Même s’il est très difficile d’imaginer comment les événements peuvent tourner, il est en revanche certain qu’une évolution favorable ne peut être que lente et conditionnée à la fois par une transition progressive vers des régimes démocratiques, par le développement d’une classe moyenne éduquée et enfin par une amélioration globale du niveau de vie des populations afin qu’elles se détournent des extrémismes religieux. Vaste programme dont les voies de mise en œuvre sont aujourd’hui sévèrement brouillées. Plus généralement, un défi considérable devra être relevé par les pays du Nord afin de favoriser le développement des pays du Sud et ralentir, à tout le moins, les migrations urbaines anarchiques et leur cortège de misère et d’insalubrité (déjà plus de la moitié de la population mondiale est citadine) ainsi que les migrations massives Sud-Nord que nos économies sont incapables d’intégrer.

S’agissant du «géo-économique», l’inexorable développement des pays asiatiques déplace le centre de gravité du monde vers la zone Asie Pacifique. Les Etats-Unis, première économie mondiale, se tournent de plus en plus vers cette zone comme si une immense «tectonique des plaques» appliquée au plan économique entraînait un rapprochement continu des deux rives du Pacifique. Chaque puissance économique de la zone a en quelque sorte trouvé sa spécialisation, selon les principes chers à David RICARDO, le père de la théorie des avantages comparatifs : à la Chine, les industries de transformation, à l’Inde les services à distance et aux USA ses universités et sa recherche-développement. C’est en effet aux Etats-Unis que sont déposés plus de la moitié des nouveaux brevets et cette Nation représente le pays d’accueil de plus de la moitié des émigrants de formation supérieure du monde. Tout ceci n’est pas très bon pour la «vieille Europe» hédoniste si elle omet de réagir. Comme le dit Alain MINC dans son essai «Ce monde qui vient» : «échapper au syndrome du village gaulois est désormais une question de survie».

Autre tendance de fond impulsée par la croissance démographique et le développement des émergents : la raréfaction des matières premières et l’impact aggravé de l’empreinte environnementale humaine. Même si tout ou presque reste à faire, en matière de développement durable, on ne peut que se féliciter aujourd’hui d’une prise de conscience quasi générale. Le résultat en demi-teinte de la récente conférence de Bali sur le réchauffement climatique en est la preuve tangible même si beaucoup de chemin reste à parcourir entre les bonnes intentions et les actes. Un signe encourageant : plus d’un milliard et demi d’arbres ont été plantés dans le monde en 2007, même s’il faudrait en planter cinq fois plus pour compenser le flux annuel de déforestation. Autre signe de cette prise de conscience, même s’il est anecdotique, la firme GOOGLE, toujours en avance d’une innovation, a indiqué qu’elle allait consacrer une part significative de son budget R&D aux technologies visant à économiser l’énergie consommée par ses «fermes» de serveurs.

La révolution numérique et le développement de «l’hyperconnaissance». Lors d’un récent colloque, le philosophe Michel SERRES caractérisait cette révolution de la façon suivante : «Vous avez perdu la tête et vous êtes condamnés à devenir intelligents». Le réseau et l’ordinateur nous libérant des efforts de mémoire et de réflexion nous permettent de laisser libre cours à notre imagination. Cette révolution augure d’une société fondée sur l’échange, la contribution et la coopération comme le laissent entrevoir d’ores et déjà les applications dites du WEB 2.0. La puissance future de ce «cerveau collectif» donne le vertige lorsque l’on sait qu’environ un sixième de la population mondiale accède au NET aujourd’hui et que l’on estime que ce sera la moitié qui sera connectée en 2015. C’est un enjeu incontournable pour nos économies et nos entreprises.

Comme bien souvent en matière de prévisions, il est vraisemblable que rien de ce qui se dessine aujourd’hui ne se réalisera exactement comme on peut l’imaginer. Néanmoins, un petit exercice de prospective a le mérite de faire s’interroger sur les changements auxquels nous devons nous préparer. Winston CHURCHILL disait : «Il vaut mieux accompagner le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge».

Excellente année à tous.

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