Factures

Par décision d’Etat, les banques enverront bientôt à leurs clients le relevé des frais perçus au cours de l’année. C’est une mesure officiellement destinée à donner à tout un chacun une meilleure visibilité sur les frais bancaires. Mais elle a aussi pour intention tacite d’exercer sur les banquiers une gentille pression pour les pousser à réduire les prix de leurs services.Pourquoi une telle mesure alors que nous vivons dans un monde concurrentiel où les conditions de prix sont par nature régulées par le marché?Pourquoi une telle mesure alors que la capitalisation des banques francaises vient de perdre quelques 25% sur l’année et que chacun, gouvernement en tête, sera d’accord pour dire qu’il ne souhaite pas affaiblir un secteur d’activité stratégique qui crée des emplois et contribue à défendre nos positions dans le monde? Pourquoi? Parce que depuis plusieurs siècles déjà, et aujourd’hui encore, le métier de banquier est incompris et mal considéré, et que beaucoup de nos concitoyens, semblant ignorer que les banques supportent des charges, considèrent que les prix de leurs services ne sont pas légitimes. Dans ce contexte, la tentation est grande pour l’Etat de montrer du doigt les banquiers. Il y succombe une fois encore.Ceci dit, je ne suis pas contre ce relevé annuel des frais bancaires. Je suis même plutôt d’accord, à condition que tout le monde se plie à ce principe de transparence. L’Etat doit lui aussi s’y plier, et donner chaque année à ses contribuables le récapitulatif des sommes prélevées au titre des différents impôts et taxes, y compris amendes routières. Je vais plus loin, je propose que ce relevé soit adressé sur le même document que le relevé bancaire. La visibilité tant attendue n’en sera que meilleure!

3 commentaires sur “Factures

  1. Raymond Barre avait libéralisé le prix du pain en août 1978. On peut se demander si on ne fêtera pas ce trentenaire en revenant au contrôle du prix de la baguette.

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  2. Je partage votre analyse … cependant la réaction des Pouvoirs Publics n’est elle pas une conséquence de notre incapacité à maitriser nos marges dans le domaine du crédit pour conquérir de nouveaux clients, incapacité qui nous conduit à augmenter nos prix pour la clientèle fragilisée et donc captive …

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  3. Je suis d’accord. La logique qui s’imposera dans ce métier comme dans les autres sera celle du marché. Les marges sur prêts et les prix des services s’aligneront peu à peu sur les coûts de ressources et de gestion. D’autant plus vite d’ailleurs que se développeront les opérateurs mono-métiers.

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