100 dollars…1,5 dollar…

Le 16 septembre dernier, j’écrivais ici un article intitulé «80 dollars et quelques dollars de plus» pour marquer le franchissement, par le prix du baril de pétrole, de ce seuil symbolique. Mes propos de l’époque prennent encore plus de sens aujourd’hui. Pour autant, je ne pensais pas que deux mois après nous aurions pratiquement atteint ce nouveau cap des 100 dollars le baril. Nous nous situons donc désormais à un niveau comparable, en dollars constants, à celui atteint au plus haut du premier choc pétrolier de 1974.

Les deux crises sont cependant de nature différente : alors qu’en 1974, nous avions affaire à un choc de l’offre, nous sommes aujourd’hui confrontés à un choc de la demande qui ne peut être satisfaite par une offre en limite de capacité, en raison du formidable développement des pays asiatiques et de leur appétit gargantuesque en énergie. Le pétrole va donc rester durablement cher, et on n’a peut être encore rien vu pour peu que quelques bruits de bottes deviennent un peu plus assourdissants ici ou là.Même si cette envolée du prix de l’énergie ne peut que favoriser la recherche de solutions alternatives, il va se passer un peu de temps avant que des avancées significatives puissent être concrétisées. Dans l’attente, la seule chose que nous puissions faire consiste à agir sur nos comportements individuels. Les moyens de communication actuels autorisent dans la plupart des cas d’éviter les déplacements. L’augmentation de la puissance et de la capacité de mémoire conjuguées à la baisse du prix des ordinateurs et à l’amélioration de la lisibilité sur écran autorisent enfin un fonctionnement en «zéro-papier». Objectif poursuivi depuis de nombreuses années qu’il devient aujourd’hui tout à fait possible d’atteindre.

La hausse du prix des matières premières aura sans doute un effet récessif sur les économies mais à un degré sans doute moindre qu’au milieu des années 70. Tout simplement parce que nos activités se sont davantage «tertiarisées» et sont donc moins dépendantes de l’énergie pétrolière, sauf pour quelques secteurs bien spécifiques comme, par exemple la logistique.

Autre défi que nous devons affronter, la hausse de l’euro qui avoisine aussi un plafond symbolique de 1,50 dollar. Cette tendance ne va également pas s’inverser de sitôt. Elle est en effet la résultante du déficit commercial américain et de perspectives économiques moins florissantes outre atlantique. L’inversion de tendance passe par un renchérissement des devises asiatiques, yuan chinois et yen japonais. L’appréciation de ces devises nécessite que ces économies soient moins exclusivement tirées par les exportations et que la consommation interne prenne une part plus importante dans leur croissance. Autrement dit, la remontée du dollar passe par un commerce extérieur chinois moins exportateur et un commerce extérieur américain moins importateur. Ajoutons à cela que la réduction de l’écart entre les taux d’intervention respectifs de la FED et de la BCE favorise le renchérissement de l’euro face au dollar, par une demande accrue de la part des investisseurs internationaux de placements en euros.

Comme pour le pétrole, on ne voit pas bien, à court terme, comment l’euro pourrait revenir à une parité plus « raisonnable ». Mais à l’instar du prix du pétrole, cette situation présente quelques avantages : c’est tout d’abord un rempart contre l’inflation importée, c’est aussi une opportunité pour les entreprises européennes d’investir, à moindre coût, dans les

pays de la zone dollar.

 

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