Diversités…

Rencontre ce soir entre jeunes demandeurs d’emplois issus de l’immigration et chefs d’entreprises du Béarn. Pourquoi faire ? Pour parler des freins à l’embauche. Chacun voudrait les lever. L’entreprise, qui sait que la diversité culturelle des recrutements est pour elle une richesse et qu’elle a un rôle important à jouer dans l’intégration sociale. Les jeunes, qui ont du mal, beaucoup de mal, à obtenir des entretiens d’embauche. Beaucoup perdent confiance et désespèrent…

Alors, qu’est-ce qui gêne ? Sans doute, les réticences réelles des employeurs, pas toujours exprimées. Les idées préconçues, qui font qu’avant même d’avoir frappé à la porte le chercheur d’emploi pense qu’il sera mal reçu. Sans doute aussi, les expériences négatives que les entreprises ont tendance à amplifier. Bref, de part et d’autre le sentiment que les choses ne vont pas, que manque la confiance.

J’en fais à mon tour les frais. Quand j’explique que le Crédit agricole souhaite embaucher des jeunes d’origines culturelles différentes, je me fais «renvoyer dans mes vingt-deux» sous prétexte que nous n’avons même pas daigné répondre à plusieurs demandeurs d’emploi. La critique me fait mal. Un temps, je me demande pourquoi je suis venu ce soir. Puis je me dis que nous sommes là au cœur d’une question première de notre société de ce début de siècle, et qu’il est normal qu’elle suscite des propos incisifs. L’important, n’est-il pas le résultat ?

Comme nous sommes en France, nous créons très vite trois groupes de travail. Je repars avec un Curriculum vitae que je m’engage à regarder avec attention. Quelques minutes après, je téléphone à ce candidat pour lui dire que j’ai sa demande. Il m’avoue qu’il n’attendait plus rien…

 

Un commentaire sur “Diversités…

  1. C’est un douloureux constat que celui de la discrimination raciale à l’embauche. Phénomène courant dans les entreprises lorsque les travailleurs immigrés étaient peu qualifiés et parlaient mal le français, phénomène qui touche maintenant des jeunes nés en France, dotés d’un niveau de formation identique ou supérieur à des Français « de souche » mais qui sont d’origine étrangère.Malgré les garde fous juridiques, la création de la HALDE, les recommandations ministérielles, cette situation perdure.Je suis persuadée que la balle est dans le camp des employeurs: c’est à eux de donner réellement l’impulsion nécessaire afin que ce racisme pernicieux cesse, afin qu’une France multiraciale et multiculturelle puisse avancer et vivre harmonieusement demain.

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