Charles GIDE (1847-1932)

Le 29 juin dernier, le 160ème anniversaire de la naissance de Charles GIDE est passé complètement inaperçu. C’est une preuve de plus que les coopératives, espèce à laquelle appartiennent les Caisses Régionales de Crédit Agricole, agissent comme si elles avaient honte de leur statut spécifique, sur le mode : « Ne dites pas à Monsieur « le Marché » que je suis mutualiste, il me croît capitaliste… ». Cette timidité à rendre hommage aux pères fondateurs de l’économie mutualiste et coopérative ne peut que contribuer à rendre celle-ci confidentielle.Pourtant, Charles GIDE occupe, à ce titre, une place prépondérante. Ce gardois, né à Uzès, fait, contre ses goûts mais dans la tradition familiale, des études de droit à Paris où son frère Paul, le père d’André GIDE, est professeur. En 1874, il réussit l’agrégation et choisit d’enseigner l’économie politique, d’abord à Bordeaux puis à Montpellier. En 1884, il fait paraître des « Principes d’économie politique » qu’il révisera toute sa vie et qui connaîtront vingt-six éditions.A partir de 1885, il participe à la relance du mouvement coopératif français et crée « l’Ecole de Nîmes ». A la fin du XIXème siècle, les coopératives socialistes vont faire sécession et Charles GIDE poussera à sa réunification qui interviendra en 1912. En 1898, il s’installe à Paris et participe aux premiers pas de la Ligue des Droits de l’Homme et de l’Ecole des hautes études sociales. Il s’implique dans le mouvement des universités populaire et collabore à « l’Union pour la vérité » de Paul Desjardins*.

Propagandiste inlassable de la coopération, il s’intéresse désormais plus à l’économie sociale qu’à l’économie politique. Au lendemain de la Grande Guerre, il s’efforce de relancer l’Alliance coopérative internationale et le mouvement protestant social français qui le choisit comme président en 1922. Cofondateur, en 1921, de la Revue des études coopératives, il est élu en 1920 au Collège de France et y occupe de 1921 à 1930 une chaire financée par le mouvement coopératif. Il meurt à Paris le 12 mars 1932, laissant une œuvre immense, près de quatre mille écrits, mais très mal connue.

Toutes ses réflexions tournent autour du concept de solidarité, qu’il considère comme une loi naturelle qui lie les hommes entre eux et les pousse à s’associer. Charles GIDE a d’abord cru que le « coopérativisme » pourrait gagner l’ensemble de la société, puis il a considéré comme plus probable la coexistence d’un secteur privé, d’un secteur public et d’un secteur coopératif.

En cela, il était visionnaire. Encore faut-il, aujourd’hui, que le secteur coopératif défende sa place dans un monde qui tend à l’uniformisation autour d’un modèle « libéralo-capitaliste » dominant. Une meilleure communication sur ses valeurs et son utilité économique peut y contribuer.

Paul Desjardins (né à Paris en 1859 – mort en 1940) est un professeur et journaliste français qui anima pendant trente ans des réunions annuelles d’intellectuels attachés à la liberté d’opinion, les « Décades de Pontigny ».

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