80 dollars…et quelques dollars de plus…

Le prix du baril de pétrole a franchi cette barre symbolique au cours de la semaine écoulée. On est loin du prix moyen de 20 dollars des années 90. Cet événement vient nous rappeler que nous vivons dans un monde où le prix de l’énergie va sans doute rester à des niveaux élevés au moins le temps que la recherche permette de franchir des paliers technologiques autorisant un accroissement sensible de l’offre.

La croissance démographique mondiale et le développement des pays émergents, Chine et Inde en tête, vont tirer plus rapidement la demande que les progrès technologiques ne le feront pour l’offre, d’où les tensions prévisibles sur les prix. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estime que la demande mondiale d’énergie primaire devrait croître de 25% d’ici 2015 et de plus de 50% d’ici 2030, dont une grande part concernera les énergies fossiles du fait de leur faible coût et de leur abondance relative. Ce qui sera le cas notamment du charbon, avec, corrélativement, toutes les conséquences néfastes au plan climatique générées par les émissions de gaz carbonique.

Quelques chiffres pour mesurer les enjeux. Les chinois consomment actuellement une tonne équivalent pétrole par habitant et par an, les européens quatre et les américains huit. Si les chinois se mettaient à consommer comme les américains, ce serait pas moins de cinq fois les ressources totales connues au niveau mondial dont il faudrait disposer pour faire face à cette demande. Les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon) couvrent plus de 80% de la demande mondiale actuelle dont 35% pour le pétrole. L’énergie nucléaire n’en couvre que 6% tandis que les énergies renouvelables, pour l’essentiel combustion de biomasse ou de déchets et énergie hydroélectrique, n’interviennent que pour 13%.

Quelles solutions pour à la fois maîtriser les gaz à effet de serre (GES) et faire face à la croissance inexorable de la demande d’énergie ?

Tout d’abord l’énergie nucléaire doit être remise en avant. Elle ne produit pas de GES. La France, de ce point de vue, dispose d’un « coup d’avance » grâce aux choix visionnaires qui ont été opérés lors du premier choc pétrolier du milieu des années 70. La France produit aujourd’hui 80% de son électricité à partir de l’énergie nucléaire. Certes se pose la question des déchets, mais une évolution technologique prochaine, dite de 4ème génération, devrait permettre un recyclage des déchets à vie longue. Autre critique souvent avancée contre le nucléaire, la faiblesse des ressources en uranium. Si 30% de l’énergie mondiale était nucléaire, on estime à un siècle, les réserves d’uranium disponibles. Si la technologie des surgénérateurs était généralisée, ce délai serait multiplié par un facteur 100.

D’autres pistes sont à explorer comme l’enfouissement du gaz carbonique, le développement de véhicules propres (électriques, hybrides, ou plus tard, à hydrogène). Les économies d’énergie sont également prometteuses, du moins au plan domestique, par la mise au point d’habitations « autonomes » en énergie (chauffage solaire de l’eau, panneaux photovoltaïques, géothermie), mais cela prendra du temps, car le « parc » ne se renouvelle pas rapidement. Enfin l’énergie éolienne qui ne peut être considérée que comme énergie d’appoint car elle est destructrice de paysages et son rendement reste faible. A titre d’exemple, il est estimé que si la France voulait produire 50% de son électricité à l’aide de cette énergie, il faudrait couvrir d’éoliennes 25% de son territoire.

Aujourd’hui le pétrole est donc cher et cela va durer. Faut-il s’en plaindre ? Non, si l’on considère que cela va inciter à la recherche de solutions alternatives et innovantes qui a leur tour pourront être source de développement économique.

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