Nouveau cycle immobilier

Beaucoup d’acteurs de l’immobilier redoublent d’activité dans les médias pour expliquer que leur marché a toutes les bonnes raisons de se porter comme un charme. Je me permets de dissoner… persuadé d’ailleurs que les adeptes du sempiternel «tout va bien», devraient comprendre qu’ils ne rassurent personne, ni vous, ni moi, ni les analystes, ni les financiers car insensibles aux incantations, tous fondent leurs convictions sur les chiffres et les faits, qui sont têtus :

1/ Nous venons de vivre une augmentation spectaculaire des prix des logements qui ont progressé en 20 ans de 300% alors que l’inflation était de 50% seulement sur la période. Les ménages ont été d’autant plus sensibles à cette hausse qu’elle a été particulièrement vive sur les dix dernières années. Aujourd’hui, tous les économistes s’accordent à dire que la part du budget que les ménages consacrent à leur logement, que ce soit sous forme de loyer ou d’annuités d’emprunt, atteint un niveau d’alerte.

2/ Qu’on le veuille ou non, bon nombre d’emprunteurs américains ne parviennent pas à faire face à leurs engagements et leurs banques créancières vont devoir enregistrer dans leurs comptes les pertes potentielles. Cela n’a rien de bien exceptionnel puisque le risque est depuis la nuit des temps le premier mal de la banque, mais on sait d’expérience que lorsque le risque survient, les banques sont plus exigeantes dans l’octroi des prêts. Même si ces défaillances sont localisées dans une partie du monde, tout le système bancaire est concerné par ce changement de regard sur le crédit.

3/ La baisse des taux d’intérêt, très marquée sur les vingt dernières années, qui a accompagné et alimenté la montée des prix immobiliers, est maintenant derrière nous. D’abord, le prix de l’argent qui avait atteint un plus bas en juillet 2005 remonte très régulièrement depuis cette date. Ensuite, les banques qui n’ont pas hésité ces dernières années à sacrifier leurs marges sur prêts pour séduire les clients, se trouvent bien obligées de payer le prix du risque et de la liquidité. Le taux du crédit va donc monter.

Si les prix de l’immobilier ont atteint un niveau difficile à soutenir pour le budget des acquéreurs potentiels, si le risque crédit est de retour avec «l’ardoise» qui ne le quitte jamais, si les taux d’intérêt sont sur une pente haussière bien ancrée, force est de conclure que tout concours à un ralentissement du marché et à une baisse des prix. Reste d’autres facteurs qui peuvent en atténuer l’intensité, comme la demande en logement qui reste forte, comme la présence sur ce marché de beaucoup d’acheteurs étrangers, comme les mesures fiscales décidées par le gouvernement, mais suffiront-ils à contrer les pressions à la baisse ? D’autant que les soubresauts des marchés boursiers usent l’optimisme des investisseurs…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s