Progrès 2.0

Il y a un mois, Patrick Faivre montrait ici que le web 2.0, ses technologies et ses usages, susciteraient des entreprises plus coopératives, des «Entreprises 2.0». Nécessaire pour réussir ce « saut » de génération, l’utilisation d’outils nouveaux, personnalisables, communicants, collaboratifs, n’est pas pour autant suffisante. Encore faut-il que l’entreprise mobilise dans ses équipes la conscience et l’intelligence collective des nouveaux chemins qui s’ouvrent à elle pour réaliser son ambition de performance. Elle doit pour cela toucher l’homme, sa façon de voir son monde, son client, son collègue, ses outils. «Ce n’est pas un état, c’est une dynamique» dit Bertrand Duperrin, qui distingue très justement les moyens et les usages.

Un exemple ? Vous recevez un courriel, l’imprimez, le traitez comme un courrier postal, puis rédigez la réponse sur papier à en-tête (ne riez pas, cela se voit dans beaucoup d’entreprises). Vous disposez du bon outil mais pas du bon usage… Vous stagnez en Version 1.0. Et si vous exigez de vos collaborateurs qu’ils répondent par courriel aux clients sans leur donner à comprendre le sens de cet acte, vous ne suscitez ni le mouvement créatif, ni l’intelligence des enjeux. Vous êtes toujours dans le modèle 1.0. De même, bloguer ne fait changer de génération que si le blog prend sens par les réflexions qu’il suscite, les repères qu’il donne, les compréhensions qu’il facilite.

Vous accédez au 2.0 quand vous allez au-delà de l’utilisation des moyens nouveaux et que vous suscitez des innovations utiles. Les technologies nouvelles de communication ont en effet ce pouvoir de rendre chacun plus acteur, plus décideur, plus responsable de sa contribution à l’entreprise. Individuellement, par la construction d’un environnement de travail où chacun actionne ses préférences. Collectivement, par les savoirs et les informations partagés, les taches collaboratives, les réseaux d’intérêt renforcés, les communautés virtuelles.

«Pour vous, qu’est-ce que bien travailler?» J’aime poser cette question qui fait prendre conscience de ce que le travail n’est pas l’exécution d’une tâche prescrite mais varie au contraire en contenu et qualité selon notre capacité à composer avec notre environnement (règles, climats, outils, hommes…). Ce sont de nouvelles compositions avec de nouveaux moyens que finalement cette Entreprise 2.0 nous appelle à inventer. Cela doit s’appeler le progrès… 2.0, si vous voulez…

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