Armand Lansier et la Vache maigre

Un jour de 1900, Armand Lansier (fondateur du Crédit agricole en Vendée) rencontre un paysan qu’il connaît bien. Ce dernier dispose d’un peu de pâture et souhaite acquérir une vache pour l’y élever. L’homme est pauvre, son courage et son honnêteté sont ses seules garanties. Il doit donc se contenter d’un animal bon marché, manifestement très maigre. Il paie la triste bête cents francs avancés par le propriétaire de l’animal.

Après six mois de soins attentifs, le paysan a transformé la vache. Il doit alors la vendre et trouve rapidement preneur pour cent cinquante francs. Le bénéfice est partagé entre le paysan et le propriétaire de la vache. Ce dernier vient donc d’engranger 25% d’intérêts sur six mois. Armand Lansier est scandalisé par la manière dont le propriétaire s’est arrogé, sans effort, une rémunération usuraire. Il créera alors en Vendée, un Crédit agricole pour mettre le pied à l’étrier à ceux qui avaient envie d’agir et d’entreprendre. Nous sommes en 1901, le microcrédit « à la française » est né. Partout en France, au début du siècle dernier, la démarche se développe. Elle répond à un vrai besoin.

Aujourd’hui, la France redécouvre le microcrédit. Si l’utilité existe, les initiatives vont tous azimuts et les idées sont à l’évidence assez confuses. Les raisonnements partent très souvent du produit et moins du besoin de la personne. Le microcrédit est présenté comme une solution à tous les maux. Or, il s’agit simplement d’un produit… qui n’est « miracle » que s’il répond à une attente dans un contexte donné !

L’enjeu est de créer une dynamique qui permette à des populations exclues des sphères professionnelles et financières, de devenir les acteurs de leur propre intégration. A l’image du paysan, la volonté d’agir est l’une des clés. S’appuyer sur un partenaire impliqué dans l’avenir de son territoire et de ceux qui le peuplent en est une autre… N’est-ce pas Armand Lansier !

Un commentaire sur “Armand Lansier et la Vache maigre

  1. Contrairement à ca que pense l’opinion publique le taux de remboursement des microcrédits culmine aux alentours des 90%. Ne pretons plus qu’aux riches et faisons toute confiance à cette nouvelle clientèle trop longtemps boudée…D’ailleurs le microcrédit ne serait-il pas synonyme de mutualisme?

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