Terrorisme, technologie et liberté

« Liberté, Egalité Fraternité », cette belle devise de la République est-elle toujours d’actualité? Elle apparaît pourtant étonnamment moderne puisque le Directeur Général de GOOGLE se l’est même appropriée, lors de sa venue à Paris, pour vanter la personnalisation et le partage de contenus caractérisant les versions européennes de «YouTube», le site de mise en ligne de vidéos. A bien des égards elle rejoint également les valeurs du mutualisme.

Cependant, à une semaine des dernières tentatives d’attentat en Grande Bretagne et en ce triste anniversaire de l’attentat du métro de Londres de juillet 2005, on peut se demander si le mot « liberté » n’a pas pris du « plomb dans l’aile ». Si les terroristes n’ont pas, pour le moment, réussi à vraiment déstabiliser nos démocraties, ils ont en revanche contribué à sensiblement renforcer les dispositifs de contrôles divers et variés. Certes, les « grandes oreilles » du réseau Echelon, destinées à capter les télécommunications de toutes natures, datent des années 80. Elles existaient donc avant les premières vagues d’attentats. Ces dernières années ont néanmoins vu se multiplier les réseaux de télésurveillance, davantage renforcés à chaque nouvelle menace. Par ailleurs, la banalisation du téléphone portable permet aujourd’hui une « traçabilité » quasi parfaite des allers et venues de chacun d’entre nous. Enfin, tout enquêteur est aujourd’hui capable de reconstituer les fichiers que vous croyez avoir effacés du disque dur de votre ordinateur ; sans compter nos ballades sur internet, suivies à chaque « clic », qui autorisent un marketing très personnalisé de la part des acteurs du Net les plus performants. Cette omniprésence de la surveillance devient d’ailleurs la cible et le sport favori de certains « hackers » qui, délaissant la diffusion de virus informatiques, se consacrent à la mise au point de dispositifs permettant de « brouiller les pistes ».

On doit, a contrario, reconnaître que cela facilite l’identification plus rapide des terroristes et criminels en tout genre, voire même avant qu’ils ne soient passés à l’acte et, de ce point de vue, c’est effectivement un mal nécessaire.

Pour autant, cette surveillance insidieuse et permanente a quelque chose de désagréable. Même en n’ayant rien à se reprocher, c’est une sorte d’intrusion continuelle dans notre intimité qui de fait restreint indirectement notre liberté. A cette aune, la loi « Informatique et liberté » a pris un sacré coup de vieux. George ORWELL avait raison : « Big Brother is watching you »…

2 commentaires sur “Terrorisme, technologie et liberté

  1. D’accord avec ce commentaire. En remarquant toutefois qu’à trop surveiller tout, on ne surveille plus rien… « Big brother is watching » certes, mais il ne peut tout de même pas analyser les millions de fichiers échangés chaque jour dans le monde. D’autant que les plus interessants pour lui seront d’évidence codés!

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  2. Je vous rejoins tout à fait sur vos propos. Un grand merci au telephone portable qui aujourd’hui est comparable à un véritable émetteur (même les « textos » peuvent être lus dorénavant). Tout le dilemne est donc de savoir comment accorder liberté individuelle avec sentiment de sécurité… Choix ou fatalité?

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