Du P.D.G. aux P. et D.G.

Jean-Louis BEFFA, Président Directeur Général de SAINT-GOBAIN vient de quitter ses fonctions pour confier la Direction Générale du Groupe à Pierre-André de CHALENDAR, se réservant, quand à lui, le poste, non exécutif de Président du Conseil d’Administration. Ce mode d’organisation des organes dirigeants des grands Groupes semble constituer aujourd’hui l’alpha et l’oméga de la bonne gouvernance. En effet, avant SAINT-GOBAIN, TOTAL, L’OREAL, BNPP, AXA, ou encore ALCATEL-LUCENT, pour ne citer qu’eux, ont adopté ce bicéphalisme du « top management ».
Ceci ressemble étrangement à l’organisation de la gouvernance des entreprises coopératives et mutualistes qui, de longue date, fonctionnent avec un pilotage en double-commande : un Président du Conseil d’Administration, non exécutif, et un Directeur Général, secondé par une équipe de Direction, en charge du management opérationnel de l’entreprise. Il faut donc se réjouir que, pour une fois, le modèle coopératif et mutualiste fasse école auprès des plus grandes entreprises relevant du capitalisme « global et pur ».
Toutefois, à regarder de près la composition de ces Conseils d’Administration, on peut noter au moins deux différences.
La première concerne la composition des Conseils :
– s’agissant des entreprises du monde capitaliste « pur », les membres des Conseils sont choisis le plus souvent parmi les dirigeants d’autres grandes entreprises du même type, consacrant ainsi une espèce de consanguinité, contractée d’ailleurs , la plupart du temps, sur les bancs des mêmes plus prestigieuses écoles. Il suffit de lire les biographies de ces « happy few ».
– s’agissant des entreprises coopératives et mutualistes, les membres des Conseils sont élus parmi les sociétaires. Nous avons affaire ici à une désignation totalement démocratique fondée sur les qualités reconnues, par le vote, des élus. Ce mode de gouvernance favorise la promotion sociale des autodidactes et des acteurs économiques ayant prouvé leur talents dans le développement de leur propre entreprise. Pour que le système fonctionne bien et que les Conseils d’Administration soient des lieux d’échanges de haut niveau sur les questions stratégiques de l’entreprise, il faut que les administrateurs s’imposent une formation régulière afin d’être toujours pertinents et au fait des enjeux de leur environnement.

La deuxième différence concerne les Présidents des Conseils :
– les Présidents des grandes entreprises, ayant adopté ce mode de gouvernance sont, la plupart du temps, les anciens P.D.G. de ces mêmes entreprises. Comme si la fonction avait été créée pour leur permettre de durer et d’exister toujours dans l’entreprise à l’issue de leur mandat de P.D.G. Cette appréciation est sans doute excessive et faut-il plutôt y voir un souci de continuité dans la stratégie conduite et la possibilité d’un passage de témoin plus progressif. L’avenir dira, si ce bicéphalisme perdure, laquelle des deux suppositions est la bonne.
– notons, à l’inverse, que les Présidents des entreprises coopératives et mutualistes sont élus parmi les administrateurs issus du sociétariat. La nomination d’un Président ayant été antérieurement Directeur Général, relève de l’exception.

Alors « ringard » la mode de gouvernance des entreprises coopératives et mutualistes ?

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