Le banquier et son modèle

Les grandes banques françaises viennent de publier leurs résultats du 1er trimestre 2007. Tous les observateurs soulignent « l’essoufflement » de la croissance de leur chiffre d’affaires (Produit Net Bancaire), notamment de la part concernant le métier de la banque de détail en France. On parle même d’une remise en question de leur « business model » (modèle d’affaires). Faut-il s’en étonner ?
Ce n’est, finalement, que la conséquence logique d’une pratique largement répandue depuis ces dernières années consistant à considérer le financement de l’habitat comme un produit d’appel et donc à octroyer ce type de crédit à des taux inférieurs à ceux pratiqués sur les marchés financiers par les meilleurs signatures.
A la fin des années 90, le Gouverneur de la Banque de France de l’époque, M. TRICHET, inquiet de ces comportements, avait instauré l’obligation, pour les établissements de crédit, de déclarer les prêts octroyés à des taux inférieurs à ceux pratiqués par l’Etat majorés de 0,80%. Cette obligation déclarative, ne freinant en aucune manière les pratiques concurrentielles déraisonnables des banquiers, vient d’être supprimée. Cassons le thermomètre puisque tout le monde a de la fièvre…Tout ceci était supportable tant que la courbe des taux présentait une configuration dite « normale », c’est-à-dire que les taux à court terme restaient inférieurs aux taux à long terme. En effet, les banquiers « transforment » leurs ressources collectées à court terme en les prêtant à plus long terme, générant ainsi une marge dite de transformation. Cette marge, destinée à couvrir le risque financier lié à cette transformation d’échéances, est d’autant plus importante que la courbe des taux est « pentue ».
Depuis plusieurs mois, l’écart entre taux courts et taux longs s’est fortement réduit, du fait d’une hausse importante des taux à court terme. Comme la plupart des banques doivent emprunter sur les marchés financiers les compléments de ressources nécessaires à l’adossement de leurs crédits, on voit bien, compte tenu de ces éléments, quela rentabilité du métier de l’intermédiation bancaire en a été fortement diminuée.

Les banques de détail sont donc aujourd’hui à la croisée des chemins. Pour préserver leur rentabilité et leur solidité financière, certaines d’entre elles vont chercher à innover et retrouveront de la croissance en développant de nouveaux services, utiles à leurs clients, et en améliorant la qualité de leurs prestations, d’autres, parfois les mêmes, chercheront à réduire leurs coûts de structure et à abaisser leur « point-mort ». Dans tous les cas, des remises en question vont intervenir. On ne peut, durablement et sans conséquences, pratiquer des prix de vente inférieurs aux prix de revient.

Un commentaire sur “Le banquier et son modèle

  1. Un de nos clients, sous le titre « il est quand même triste d’en arriver là – Le Crédit Agricole condamné par le tribunal d’Instance de Pau » nous a remis un commentaire faisant état d’un jugement daté de la fin du mois du mai et qui nous condamne en effet à lui régler 1390,29 euros sur un prêt de 137.700 euros. Je fais part de ce jugement sans fierté, puisque le tibunal a retenu une erreur dans la gestion de ce dossier, en précisant seulement que heureusement, ces évènements habituels pour des sociétés commerciales, restent très exceptionels chez nous… personne n’est parfait. Dont acte.

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