Circuits courts

L’attaque surprise que vient de conduire une association de consommateurs contre le système bancaire au sujet de l’assurance décès n’a pas laissé indifférent. L’action engagée en justice a quelque chose de spectaculaire, ne serait-ce que par les montants annoncés. On parle de « détournement » et de « plus de 10 milliards d’euros »… il y a de quoi émouvoir, et les médias ont largement ouvert leurs colonnes à l’info. Ils ont par contre beaucoup moins parlé des réponses des personnes (morales) mises en cause : les explications ne font pas vendre de papier…

La justice tranchera bien sûr. Mais la violence de l’assaut porte un enseignement. Nous vivons dans un monde hyper concurrentiel où il est plus facile de dénoncer les pratiques des «circuits courts» que ceux des «circuits longs». Je m’explique : si vous achetez un veau gras à votre voisin et que vous constatez qu’un bidon d’huile de vidange a été négligemment laissé dans la pâture, à portée de la bête, vous pouvez facilement intenter une action contre votre fournisseur. Vous ne le ferez pas si la viande est importée du Mexique…

Nos sociétés donnent un «bonus» à l’éloignement, à l’opacité, à la distance. Qui analyse les assurances des banques anglaises qui ont ouvert des agences en France? Comment nos associations de consommateurs investigueraient-elles si les assureurs étaient en Turquie ou en Inde? Ce n’est pas là, me direz vous, la question principale ; est-elle secondaire pour autant?

Un commentaire sur “Circuits courts

  1. Et la mutualisation ? On peut penser ce que l’on veut des circuits de rémunération de l’assurance emprunteur, n’y revenons pas. Mais il y a un autre point que nulle part je ne vois aborder, c’est la mutualisation, en l’occurrence celle des risques. Des compagnies comme celle incriminée par l’UFC gèrent certains contrats qui sont intrinsèquement en perte technique : les contrats de rente. Les évolutions récentes, et futures, du système de retraite vont amener à renforcer le poids de ces contrats dans l’actif des assureurs. L’assurance, c’est la mutualisation des risques. Celui dont le risque ne se réalise pas paie pour celui dont le risque se réalise, non ? C’est seulement une fois cette péréquation réalisée que l’on devrait logiquement appliquer une redistribution de bénéfices. L’emprunteur d’aujourd’hui est d’accord pour encaisser la participation liée à son contrat. Retraité demain sera-t-il d’accord pour mettre la main à la poche pour rééquilibrer son contrat de rente ?Nullement expert, je m’interroge quand même. A terme, pourquoi un assureur proposerait-il des formules intrinsèquement coûteuses s’il ne peut les équilibrer avec d’autres, bénéficiaires ?

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