Les EXPERTS sont partout !

Voilà l’homme postmoderne ! Beaucoup plus sûr de lui que ses aïeux, beaucoup moins sûr de tout le reste… il a été tellement trompé, manipulé, chosifié, qu’il en est devenu hyper-soupçonneux et étonnamment perspicace.

On ne le trompe plus, car il a tout vu, tout connu. Il sait tout par cœur et dans tous les domaines. Les codes publicitaires n’ont plus pour lui aucun mystère, pas plus que les annonces immobilières. Il sent le mensonge à des kilomètres, il renifle l’argument fallacieux, la statistique piégée, la comparaison tronquée, le péché par omission. Il lit l’OGM dans le yaourt…
Que voulez-vous ? Il baigne dans la culture médiatique, il est né dans la publicité, il a été bercé dans les spots télé, décodés depuis – et avec talent – par tous les Bedos, Llanes, Devos ou autres De Funès. Il a été décillé par Coluche…

Bien sûr qu’ il aime les marques ! Mais seulement celles qui tiennent leurs promesses, celles qui lui en donnent pour son argent, celles qui lui offrent ce qu’elles lui ont promis, celles qui « font comme elles disent ». Les marques «sincères»… Le postmoderne a ses exigences ! Et pour qu’il leur soit fidèle, les marques doivent « avoir du sens » certes, être «de connivence» bien sûr, mais elles doivent aussi être précises et volontaires. Elles doivent aller toujours plus loin sur la route affichée, dans le «sens» donné, car ce nouveau «consomexpert» a le don de repérer en quelques secondes le «sens sans réalité »…Voilà pourquoi les entreprises de commerce et de service ont plus que jamais un «devoir de vertu». Elles doivent faire «pour de vrai», parce qu’elles n’ont pas d’avenir sans sincérité. Parce que, sans sincérité, il n’y a rien de durable.

Un commentaire sur “Les EXPERTS sont partout !

  1. Je partage votre avis sur l’homme postmoderne, il aime les entreprises « sincères », qui se soucient non seulement de leur pérennité mais aussi de celle de la société dans son ensemble, du monde dans lequel elles évoluent, de ce qui restera après…Seulement je crois qu’une grande difficulté réside dans le fait que cette catégorie d’ « Homme Postmoderne » peut être, elle aussi, divisée en deux nouvelles catégories (tout en gardant à l’esprit que le monde est fait de nuances et d’exceptions) qui seraient celles-ci : – celui qui va chercher l’information parce qu’il souhaite être en accord avec ses convictions, celui que vous avez décrit, et qui ne pose donc aucun problème- celui qui s’attend à ce que l’on lui donne l’information sur un plateau d’argent, qui est lui aussi « Postmoderne » (pas tout à fait tel que vous l’avez défini) parce que « ça fait bien », parce que « c’est branché »C’est cette deuxième catégorie qui pose problème, contaminée par la facilité d’accès à l’information et une carence de curiosité, elle ne se donne plus la peine d’aller la chercher et a tendance à mettre tout le monde dans le même sac, impliquant donc la nécessité pour les entreprises « saines » de déployer un surplus de ressources en termes d’ingéniosité et de communication pour être sur que leur message soit reçu, perçu et compris ; pour que leurs expériences s’exportent.Ces mêmes êtres sont ceux, qui tout en ayant un discours écologiste hallucinant (par exemple), ne se donnent pas la peine de trier leur déchets, ou encore prennent la voiture pour faire « cinquante mètres » (je sais que j’exagère mais j’en connaît un certain nombre, et ils ne sont pas loin de ce que je décris).J’ai dans mon entourage des gens comme ça, qui tombent des nues lorsqu’ils apprennent que telle ou telle entreprise n’est pas uniquement « une machine à dégager des profits », « un loup avide d’argent » mais au contraire un artisan et bâtisseur, socialement responsable, de la société dans laquelle ils évoluent.C’est la toute la difficulté. Les changer peut être impossible, ou au mieux laborieux. Il faut rendre l’information qu’ils souhaitent disponible à ces gens, sortir les plateaux d’argent. Pour une part. Pour l’autre, il faut leur apprendre à ne pas tout mettre dans le même sac, à aller voir avant de juger… les éduquer, leur montrer comment mettre leur discours en accord avec leurs agissement. Il s’agit de progressivement leur réapprendre à se débrouiller par eux-mêmes, de les sortir de leur mode de vie « assisté ». Un mouvement qui une fois lancé, ne peut être que bénéfique.Les entreprises ont un devoir de « sincérité », oui, je suis tout à fait d’accord, mais les clients, eux, ont un devoir d’ « intégrité », la critique doit être réservée à ceux qui FONT le nécessaire pour essayer (on ne réussi pas toujours) d’améliorer, de préserver… leur personne et leur monde. Les bonnes idées sont trop souvent (pour ne pas dire tout le temps), reprises pour être perverties, déformées…A ma petite échelle, j’y travaille….j’essaye en tout cas.Tout ce que je viens d’écrire est clair pour moi, j’espère que ça le sera pour vous (M PHILIPPE et vous, lecteurs) aussi, et je m’excuse si ce n’est pas le cas.

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